13.11.2008
Paroles Politiques Inattendues
Tout d'abord, merci à mon Hérétique préféré, pour son commentaire au billet "Massimo D'Alema" : ici l'article et le commentaire.
Ce commentaire, et je suis content que cela vienne d'un blogeur que j'apprécie, explique pourquoi j'ai hésité à poster des "paroles politiques" inattendues.
Chacun d'entre nous interprète ce qu'il lit à la lumière de ses croyances.
Massimo D'Alema est un homme politique expérimenté, il a été Secrétaire des Démocrates de Gauche (un peu comme le premier secrétaire au PS), Premier Ministre, Vice-Premier Ministre en charge des Affaires Etrangers. Il a été même pressenti pour devenir Président de la République.
Mais il sorte une phrase "inattendue" et on estime qu'il a dit une connerie. Pouvons nous admettre que notre représentation de la réalité peut ne pas être exacte ? Qu'une assertion peut être valable uniquement si mise dans contexte d'espace et de temps ? Somme nous capables, simplement, d'écouter avec cette ἐποχή (épochè), cette "suspension du jugement" si chère aux scéptiques, afin d'élargir notre capacité de compréhension ?
Sommes nous simplement capables de nous poser la question : et si M.D'Alema avait raison, à ce moment précis ? Le problème avec des "paroles inattendues" c'est qu'elles sont, justement, inattendues, à contre-emploi de l'image publique d'un personnage. Par conséquent, elles ont, de manière structurelle, l'effet de montrer un côté sombre des personnages positifs et un côté clair des personnages négatifs. En réalité, on peut trouver du "bon" dans tous les personnages controversés (fin, presque). Vis-à-vis des politiques, c'est même essentiel car sans cette opération on ne peut pas comprendre comment certaines (tristes) figures ont pu s'imposer.
Par ailleurs, est-que le fait de ressortir du "bon" sorti de la bouche d'un dictateur ou d'un criminel de guerre serait de le cautionner ou d'essayer de le réhabiliter ? La logique veut que la réponse est non. Mais le comportement humain n'est pas logique. Jamais. Car notre rationalité est limitée, pour piquer les mots à Herbert Simon. Voir très limitée. Donc le risque de se voir accusés de tel objectifs est très fort.
Tellement fort, je crains, qu'on est amenés à se cacher ces réalités, certes mineurs, incidentales, mais non moins réelles. Ces ombres et ces lumières qui rendent humains les différents personnages.
Moi et, je suppose, la plus grande partie d'entre vous qui lisez ces lignes, nous faisons de la politique. Nous nous engageons dans des campagnes, essayons de convaincre l'électeur à changer d'avis. A changer de vote. A changer de vérité.
Nous lui demandons l'effort de remettre en cause des repères : comment lui demander quelque chose que nous mêmes ne sommes pas capables de faire ?
Je ne sais pas si je posterai d'autres "paroles politiques inattendues". Simplement j'espère d'avoir contribué à un débat qui est peut-être implicite mais qui est tout autant fondamental.
11:56 Publié dans Engagement Démocrate, Paroles Inattendues, Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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Commentaires
Excellent billet. merci
Ecrit par : FB | 13.11.2008
Et à notre époque de la DGV (diffusion à grande vitesse), tout ce qui est dit est tellement vite communiqué que les paroles sont interprétées avant d'êtres analysées à la lumière d'un contexte... Donc les paroles inattendues sont vite "cultes"!
Même si tout n'est pas permis dans le domaine de la spontanéité, il est impossible de toujours mesurer l'impact d'une phrase. Pas facile d'être une personnalité politique publique, ou un relais d'influence observé! Faut rester vigilant particulièrement avec certains sujets.
@ bientôt!!!
Ecrit par : Nelly | 13.11.2008
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