27.02.2009
Des lecteurs fidèles, du travail et des moyens de fortune
Après de longs jours d'absence j'arrive à remettre la main sur ce blog, alors il faut que j'en profite.
Tout d'abord un remerciement aux skepti-lecteurs pour leur fidélité : malgré l'absence de nouvelles les visites n'ont pas chuté de façon réellement sensible et presque toutes les visites viennent de requêtes directes. Vous êtes masochistes peut-être, mais je vous aime bien :-)
Ensuite un coup de gueule destiné à mon hébergeur. Bien sur, je n'ai qu'un espace gratuit, ce qui implique d'accepter un bandeau de pub en haut de la page. Cependant, je trouve de très mauvais goût de faire passer sur un blog politique la pub d'un parti qui n'est pas le mien. C'est parfaitement conforme aux conditions contractuelles mais c'est une faute de style que je considère comme grave. J'en tirerai les conséquences le plus rapidement possible (je vous ai entendu rire ... c'est pas sympa ça).
Donc au passage je précise que :
Skeptikos n'adhére et ne soutient en aucune manière "LIBERTAS", lobby et supposé parti politique conduit par Declan Ganley, Irlande, euromenteur avant d'être eurosceptique. Skeptikos ne peut pas s'opposer, en l'état des choses, à la parution du bandeau publicitaire de "LIBERTAS" sur ses pages, le seul décideur en matière étant la plateforme d'hébergement. Je suis très interloqué par ce choix publicitaire et j'espère que les nombreux blogueurs politiques de tous bord présents sur haut-et-fort ne manqueront pas de faire entendre leur voix.
Enfin, ne pas écrire sur ce blog n'implique évidemment pas de ne pas être actif ou désengagé. En Finistère, nous avons lancé des groupes de travail qui ont commencé à travailler les dossiers. Pour ma part je suis impliqué sur les sujets économiques et ceux concernant l'Europe et les territoires. J'apprécie la qualité des débat et l'implication de militants qui, parfois, ont eu des frictions. Cela me conforte dans l'idée que c'est par le travail en commun qu'on se connaît, et qu'on se comprend, mieux.
Enfin, je vous propose de lire ce document de l'ADLE, très intéressant en vue de la campagne à venir.
Au prochain billet (pas forcément demain, hélas).
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23.02.2009
Brèves de comptoire
Quelle différence entre faire de la politique et être gardien de hand ? Aucune, on s'en prend plein la figure. Et on aime ça.
Je fais les deux, à croire que je suis maso.
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18.02.2009
Seize mois de "Parti Démocrate" en Italie : considérations à chaud
Comme relaté par les organes de presse (ici "Le Monde"), le chef de l'opposition en Italie vient de démissionner suite à l'enième défaite électorale depuis la naissance du "Partito Democratico". Au delà du tropisme des journalistes (Veltroni est appelé "chef de la gauche", ce qui est pour le moins inexact), l'expérience du PD en Italie doit devrait susciter la réflexion parmi ceux qui, en France, pensent que les perspectives offertes à la fois par le sarkozysme et par les gauches ne sont pas adaptées aux monde épais d'aujourd'hui.
En effet, plusieurs éléments rapprochent la situation politique française et italienne. Tout d'abord, la présence aux manettes d'une droite de moins en moins libérale. Berlusconi, et Sarkozy s'en inspire largement, a réussi un coup de maître tout au long de ces très longs années sur le devant de la scène politique : refuser tout débat politique en passant pour un homme ouvert. Les autres ? Les autres c'est la gauche, les communistes, les staliniens. Parler avec eux ? Et pourquoi ? Ils mentent, ils ont toujours menti, ils ne savent que mentir. Moi (Berlusconi) j'aimerais bien avoir une opposition avec laquelle dialoguer mais eux, ils ne veulent pas discuter, ils ne veulent pas le bien du pays. Voyez-vous, c'est pas ma faute. Et ce discours débile, ça marche. Remarquez, cela fonctionne pas trop mal en France non plus : si on ne se plie pas aux culte du souverain on devient forcément un imprécateur. On quitte le giron gouvernemental ? On n'est qu'un "pauv'con" de droite qui s'est égaré. Étonnante corréspondance.
Avant la création du PD, la gauche italienne rassemblait également à celle française. A la nuance près que R.Prodi avait réussi pour deux fois à convaincre l'extrême gauche (un peu la FO+LCR d'antan) à s'engager dans un projet de gouvernement, conduit par les "Démocrates de Gauche" (un peu le PS français, DS en italien). Le peu de centre porté par la Marguerite et Prodi lui même devant assurer la cohésion de l'ensemble, une fonction de médiation et de lien. De ce point de vue, l'Olivier (Ulivo) était une sorte de "gauche plurielle élargie". Le projet, pour deux fois, capota. Les deux fois, la crise vint de gauche. Un vote de censure voté par les communistes avec la droite la première fois, un épuisement dans le paroxysme d'un gouvernement contesté dans la rue par des Ministres du même gouvernement la deuxième. Et cela même si, factuellement, la majorité tomba "grâce" à l'odeur d'une bonne soupe qui, ironie du sort, n'a jamais été servie au convive intéressé.
Face à cette impossibilité constatée dans les faits de faire de l'Olivier une alliance durable de gouvernement, la Marguerite et une large partie des DS fondèrent le "Parti Démocrate", avec l'idée de s'imposer vers le centre et de consolider une base électorale majoritaire indépendante des diktats de la gauche radicale. Ce projet, vécu par les électeurs comme la continuité des Démocrates de Gauche, à leur tour héritiers du Parti Communiste Italien (PCI) a été systématiquement rejeté dans les urnes au cours de ces seize mois. Il est vrai qu'en Italie, comme un France, une partie du centre (UDC) penche plutôt avec la droite, ce qui a empêché un recentrage plus important du PD. D'ailleurs, au prix de hautes luttes et même de prises de risques électorales, l'UDC a su se rendre bien plus importante que les satellites centristes de l'UMP : elle pèse entre 6% et 8%, ce qui la rend souvent décisive. Et pourtant, elle sait bien qu'elle reste la mal aimée de l'alliance de droite, l'allié qu'il faut tuer. Donc, contrairement au NC ac similia, elle se garde une vraie marge de manoeuvre.
En France, la consolidation du courant de pensée démocrate, fondé plus sur le concept de liberté que sur celui de propriété (oui, je sais, certains penseurs rénommés font découler la liberté de la propriété, notamment de la propriété de soi, je ne partage pas ce point de vue) tente de se faire à partir des organisations politiques modérées. L'UDF, une grosse frange de droite en moins (la création de l'UMP ayant clarifié les choses), CAP21 (qui a toujours refusé les dérives d'un certain écologisme altermondialiste), les dizaines de milliers d'adhérents qui, dans la bipolarisation manichéenne favorisée par les règles institutionnelles n'avaient jamais trouvé de maison. Je sais, je sais, on me dit que beaucoup de ces adhérents sont insatisfaits, qu'un certain nombre, pas tous des inconnus, ont décidé d'abandonner la maison orange. Je dois dire que cela ne me surprend guère : la politique est un exercice de patience et la patience s'aquière avec le recul. Or, pour beaucoup de ces adhérents, le MoDem a été un éclair dans la nuit sombre du clivage gauche-droite. Le rêve de la "politique autrement". Ce rêve, je le crois, est nécessaire, indispensable même, mais il se construit dans le temps. Beaucoup de temps. Beaucoup se félicitent de l'élection d'Obama en 2008 mais ils négligent le fait que le discours de révérend King date de 1963. Cela fait, quand même, 45 ans (et un Vietnam, un 11 septembre et pas mal d'années "Bush", père et surtout fils). J'y reviendrai (probablement) dans un autre billet.
Pour revenir aux démocrates, l'expérience italienne nous montre la difficulté de recomposer ce courant politique à partir de la gauche. La droite d'aujourd'hui est incompatible avec l'approche démocrate : j'en appelle pour témoin l'énorme importance donnée au lien de l'anti-gauche, déjà évoqué pour Berlusconi. Par conséquent, le bien fondé de la stratégie du MoDem apparaît évident : on ne peut recomposer cette famille politique de manière crédible qu'à partir de positions modérées. C'est un vrai défi, qui s'inscrit dans la durée, qui est extrêment difficile. Mais qu'il est nécessaire de relever avec succès.
10:51 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : modem, démocrate, veltroni, bayrou, politique |
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16.02.2009
Discours de Sylvie Goulard à la Mutualité
Pour faire connaissance avec la tête de liste du MoDem dans l'Ouest, je vous propose son discours du 8 février à la Mutualite. La source ? Son site. Le gras est le mien.
Merci à tous d'avoir avalisé la composition de l’équipe du Modem pour les élections européennes, à laquelle j’ai la chance d’appartenir. Comme nous y avons été invités, je vais vous dire pourquoi je suis là.
La première raison est toute simple : j’en avais assez de toutes ces personnes qui ont fait « n'importe quoi » de l’Europe, alors même que l’Europe est la plus belle réalisation des 60 dernières années. J'en avais assez qu’on envoie au Parlement ceux dont on veut se débarrasser en politique intérieure, ou qu’on ne reconnaisse pas le travail effectué par d'autres à Strasbourg. J’en avais assez d’entendre sans cesse évoquer l'influence de la France en Europe et de voir qu’on la perd de vue lorsque vient l’heure des choix décisifs.
Si une famille est vraiment ancrée dans la tradition européenne, communautaire, c'est celle-ci, comme votre enthousiasme de ce matin le montre tout à fait. Et l’une des difficultés de cette campagne sera de faire comprendre que toutes les "formes" d'Europe ne se valent pas. En ce moment, on essaie vraiment de nous vendre pour des grands succès européens, des actions qui marquent une régression de l’Europe communautaire. Le respect des règles collectives de décision, le respect de nos partenaires est capital - et je salue, à ce sujet, le MoDem d'Allemagne, représenté parmi nous aujourd’hui car c’est un pays qui m'est particulièrement cher. Selon moi, il est difficile de clamer que la Présidence française a été un succès alors même que la relation franco-allemande souffre d’un manque de vision et de respect mutuel.
Par ailleurs, et je l'assume complètement, comme François Bayrou l'a indiqué tout à l'heure, il faut être ce que l'on est alors, oui, je suis un peu « technocrate » sur les bords. Le défi que nous allons relever ensemble, qui est fondamental, c’est d’arriver à travailler tous ensemble, quelles que soient nos origines. Ainsi, dans tout mon engagement, notamment associatif, j'ai toujours mis un point d’ honneur à parler d'Europe à ceux qui, selon moi, en sont indûment privés : j'aime aller parler d'Europe dans les ZEP, dans les prisons, dans les « quartiers » et c'est là, je ne vous le cache pas, que j'ai pu avoir certains des plus beaux échanges sur l'Europe. Mais notre campagne ne doit pas non plus exclure ceux qu’on appelle « les élites », ce qui reviendrait à séparer les différentes couches de la population. Je rends hommage à l'expertise, aux efforts faits par certains pour se former, aux qualités de rigueur intellectuelle, trop dévalorisées aujourd’hui. N’oublions pas que la raison fait partie du patrimoine de l'Europe. Nous avons vu en 2005 les dégâts faits par des personnes et des courants qui, sur le Net, sans scrupules, ont répandu des contre-vérités.
Permettez moi de remercier Bruno Joncour pour ses paroles qui rejoignent les messages que j'ai reçus de la région Ouest. Je ne sais pas si l'on doit dire grand Ouest, car c'est très français de dire toujours "grand"… Pour moi, c'est Ouest.
Je suis infiniment touchée par toutes ces réactions spontanées de soutien. Et je suis certaine que nous allons faire une très belle campagne. Mais j’ai un message à vous passer : en allant au devant des électeurs, SOYEZ HEUREUX ; on ne vendra pas bien l’idée européenne si on la présente sempiternellement comme une cuillère d'huile de fois de morue… qui nous fera du bien, bien sûr, mais qui est amère à avaler !
Et puis, soyons modestes. Il y a de nombreuses questions pour lesquelles je n'ai pas de réponse, à supposer qu'il y en ait une seule. C’est pourquoi, j'ai envie d'aller écouter ce que les citoyens de la région Ouest ressentent ; ainsi, nous définirons les éléments de réponses ensemble, après dialogue et débat.
Vous découvrirez aussi mon indépendance d’esprit, tout comme François Bayrou qui a tenu à ce que je vous rejoigne et donc comprendra aussi peu à peu ce qu’elle signifie. Il m’a voulu, il m’aura…
Sur la plupart des sujets européens, il n'y a pas une vérité unique. Tout est question de dosage. J'ai d’ailleurs été très sensible, à l’instant, à sa réponse très nuancée sur le protectionnisme : défense de notre protection sociale et de nos exigences environnementales, mais pas de fermeture qui serait nocive à notre économie. Je crois que l'une des difficultés en matière européenne - et l'un des combats que nous avons à mener ensemble- , c'est vraiment de pourfendre toutes les personnes qui arrivent avec des idées "simplettes". Très souvent, il y a un équilibre à trouver et, selon moi, le Centre, c'est justement l'équilibre.
Dans une société où l'on aime bien les simplifications et les contrastes, je vous invite à vendre l'Europe comme quelque chose de pondéré, où le compromis a des vertus, afin que nous retrouvions la valeur de la mesure face à l'extravagance ou à l'agitation.
Un mot plus personnel : Robert Rochefort a parlé de sa famille de manière très émouvante. Mon expérience est assez différente ; ma famille n'est pas française au départ, elle est méditerranéenne : mon père est enterré dans le sud, mes grands-parents encore plus au sud. Mais j'ai trois filles qui sont à moitié bretonnes. Dans mon parcours, il y a le passé, méditerranéen, mes racines auxquelles je tiens beaucoup, mais il y a mon avenir et celui de mes enfants qui est fait d’autres souvenirs et d’autres enjeux.
Ceux qui sont allés sur mon site ont vu que j’ai choisi le slogan « l'Europe est notre avenir ». L'Europe est mon avenir mais, comme dans ma vie de famille, celui-ci est lié désormais à la Bretagne, à l’Ouest dans son ensemble, le Poitou, les Charentes, les pays de la Loire.
11:05 Publié dans Engagement Démocrate, Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : europe, européennes, goulard, modem, bretagne, ouest |
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15.02.2009
Promesses, programmes et Politique
Dimanche dernier, le Mouvement Démocrate a présenté ses têtes de liste pour les élections européennes : en tant qu'électeur de l'Ouest je suis très heureux du choix de Sylvie Goulard. Femme, jeune et, surtout, européenne et compétente, elle représente une agréable nouveauté dans le microcosme politique. Bien évidemment, les principaux adversaires du MoDem, le PS et l'UMP, ont commencé leur habituelle campagne de démonisation de l'autre.
Le MoDem ? A croire l'UMP, le MoDem n'est que Bayrou. Drôle quand on se professe "sarkozyste" avant tout. Et Bayrou serait un "imprécateur", un "populiste", un obsédé de la présidentielle (qui n'y pensait pas qu'en se rasant, j'ai un blanc ...). Pour le PS, là aussi, on focalise sur Bayrou : un type "de droite", "sans idées", "sans programme". C'est de bonne guerre. Parfois, ces arguments font brèche parmi les militants et sympathisants orange : notamment, ici et là on lit de manière réguilère cette référence à "Bayrou sans programme".
Je ne veut pas débattre du fait si le MoDem a un programme ou pas (c'est évident que le Mouvement a présenté un programme en 2007, tout comme il est dans les faits que ce programme est réactualisé en permanence, y inclus avec la contribution des militants) mais, peut-être de manière plus iconoclaste, des programmes politiques en eux-mêmes. Tout d'abord, un bon programme n'a jamais fait gagner une élection. Sarkozy, avait-il un programme en 2007 ? Mise à part la bougeotte permanente et quelques retours d'ascenseur, je ne vois pas. Mais encore, qu'est que c'est un "programme" ? Comme son nom l'indique, un programme est une collection de ce qu'on envisage de faire au cours d'un mandat. En gros, le "programme" n'est autre chose qu'un catalogue de promesses établies à un moment donné et destinées invariablement à être démenties par la réalité. Nos hommes et femmes politiques, pas plus que nous, ils ne sont pas des devins. Et la réalité a toujours plus d'imagination que l'inspiration humaine. Une chose que j'avais aimé dans le "Bayrou 2007" c'était d'avoir un programme réduit, des pistes d'actions immédiates qui allaient dégager des marges de manoeuvre pour répondre à l'imprévu. Mais sans doute de faire le paquet fiscal ou l'augmentation du SMIC à 1500 € ont été considérés des idées plus pertinentes.
En réalité, le programme, en soi-même est un document inutile. Ce qu'il y a de bien dans un programme, c'est le chemin qu'on fait pour sa conception : les discussions, les débats, les engueulades. Rédiger un programme c'est quelque chose qui permet de mûrir la réflexion politique, d'affiner, collectivement, la compréhension de l'environnement qui nous entoure et de ses mécanismes. Élaborer un programme, c'est une école. Cependant, comme toute école, il s'agit d'un exercice involontairement tourné vers le passé : on ne peut pas étudier le futur. Et, depuis Karl Popper, on sait que les leçons du passé ne sont pas forcément valides pour le temps à venir.
Or, la Politique est un travail d'anticipation, donc sujet à l'erreur. Par conséquent, ce qui est réellement important, c'est d'avoir une grille de lecture qui permet d'analyser rapidement les transformations du contexte, de préconiser des actions vis-à-vis des objectifs, d'apprendre en permanence de ses propres erreurs. Un programme, ne contient aucun de ces trois éléments.
Alors, quand on me dit que le MoDem "n'a pas de programme" j'aurais envie de répondre : "Heureusement, car être esclave de ses promesses est extrêment dangereux!".
15:24 Publié dans Engagement Démocrate, Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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11.02.2009
Révolutionnaire ou R'évolutionniste ?
Oaz me taggue sur la chaîne dédiée à la "R'évolution", initié par Hérvé et ayant pour objectif de répondre à quatre questions
Révolution, tout le monde connaît, mais R'évolution, que pourrait vouloir dire ce mot en 2009 :
- dans nos institutions ?
- dans notre porte-monnaie ?
- dans l'Europe ?
- dans la planète qui crève ?
Il me pardonneront de fournir une reponse générale.
Tout d'abord une précision : comme beaucoup savent, mais pas certains révolutionnaires apparemment, une "révolution" indique un mouvement de 360° autour d'un (ou plusieurs) centre(s) de rotation. Ainsi, en politique, la "Révolution" n'est qu'une manière de revenir à la situation de départ, déclinée différemment. Ainsi, l'histoire "révolutionnaire" allie une grande variabilité des formes et un grand immobilisme des substances. D'ailleurs, Marx en était conscient : la dictature liée à l'exploitation capitaliste devait laisser la place à la dictature du prolétariat. De dictature à dictature. D'ailleurs, le seul vrai révolutionnaire de France est Nicolas "Che" Sarkozy : "j'ai change!" qu'il criait, tu parles ....
La forme "R'évolution", il me semble porter un sens différent. Evolution vient du latin "evolutio", l'action de parcourir, d'où l'idée de parcours. Or, R'évoluer, voudrait-il dire refaire le parcours (encore et encore) ? Remarquez, la théorie circulaire de l'Histoire ne dit pas autre chose. A cette chose près : comment on recommence le parcours ? Implicitement, et surement de façon involontaire, le mot de "r'évolution" rappelle le grand incendie de Rome : on rase et on repart, avec la certitude que les "nouvelles générations" (celles qui devaient reconstruire la Ville) n'aurait pu faire que mieux que les "vieux" : ils avaient vu le résultat des erreurs de leurs ainés. Néron, le paradigme du R'évolutionniste.
Sachant qui a eu l'idée de cette expression, je suis enclin à croire que le concept n'a pas trouvé son mot. Ce qui implique que, au mieux, ce mot est resté sans sens et qu'il ne peut rien dire.
Qui veux reprendre la question est libre de s'estimer autotagué. D'ailleurs, il se plains toujours ... alors j'anticipe l'autotag du GroDem ...
00:05 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06.02.2009
Finalement, j'ai voté
Et, bien que le vote soit, en principe, secret, j'estime qu'il est de mon devoir de faire savoir mon choix à tous ceux qui ont accompagné ma démarche européenne jusque là et d'en expliquer les raisons. Compte tenu du lectorat de ce blog, fait essentiellement de visiteurs réguliers, j'estime que c'est le bon endroit pour le faire. En toute transparence.
Mon choix c'est construit autour de trois questions en cascade. La première, préliminaire, a été de savoir si prendre la consultation au sérieux, considérer que la question de s'exprimer était réelle, ou pas. Dans le deuxième cas, la réponse était évidente : il fallait approver le rapport sans aucun état d'âme. Ce qui, j'en suis certain, a été l'approche du plus grand nombre. Cependant, têtu que je suis (calabrais d'origines siciliennes vivant en Bretagne ça fait têtu-puissance-trois ...), je continue à considérer les démarches plébiscitaires incompatibles avec l'esprit de la démocratie. Et donc, par postulat, je n'ai pas retenu ce scénario qui m'aurait facilité la décision. Par conséquent, j'ai estimé que la question devait être abordée le plus sérieusement possible. Car je suis un fervent partisan de l'idée que le vote doit être responsable et que l'expression de chacun contribue à la détermination de la volonté populaire, fondament des systèmes républicains.
La deuxième question a été : puis-je approuver ce document, sachant qu'il n'y a pas de possibilité de censure partielle mais qu'il s'agit d'approuver ou refuser en bloc ? (contrairement à d'autres, je trouve cela assez normal : quand on approuve le bilan moral d'une association, pour faire un exemple, c'est la même chose ...) Avec la plus grande tristesse, je dois avouer que je ne peut pas. Une procédure dont la conformité aux statuts est discutable et une relation politique qui ne permet pas de percepir la profondeur du travail de la Commission sont des motifs de relative déception.
Pour autant : est-que je peut voter contre ce document, sachant que cela reviendrait à :
1. censurer également les noms des candidats proposés
2. contribuer à attiser des polémiques stériles, voir destructrices, aux abords d'une échéance importante ?
Ma réponse est non, car :
1. Avec quelques perplexités de détail ces candidatures me conviennent très bien
2. Avec tout les défaut que mon parti peut avoir, je continue à estimer que son affirmation est un "impératif démocratique"
Par conséquent, j'ai voté "blanc", en pleine conscience, comme un choix et pas comme un refus de choisir. Ce vote me permet d'exprimer mes perplexités d'adhérent sans porter préjudice au Mouvement et à ses candidats, ce qui me semble, dans les circonstances présentes, un bon compromis.
Post Scriptum : parmi les blogueurs s'étant exprimés sur la question (en vrac) Christophe Ginisty, Hypos, BGR, Hervé, Oaz, auxquels on peut ajouter les commentaires intéressantes de Nelly, Hérétique, Quindi et on pourrait continuer très longtemps.
23:21 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
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05.02.2009
Le "Rapport" sur les candidatures aux Européennes
Comme je crois la large totalité d'entre vous, j'ai pris connaissance du Rapport posant les analyses sur le scrutin et identifiant les principaux candidats, les éligibles, que vont être portés par le Mouvement Démocrate face aux électeurs. Les réactions ont immédiatement fleuri sur la blogosphère et, à l'image de l'article de Ginisty, elles sont rarement enthousiastes. En ce qui me concerne, j'y vois des points positifs et des zones moins lumineuses.
Parmi les raisons de satisfaction, la qualité individuelle des personnes retenues est souvent très élevée : tous ceux qui me connaissent savent combien j'apprécie Robert Rochefort et le vivier des sortants est également riche de personnalités de valeur à l'image d'Anne Laperrouze, Nathalie Grisbeck, Jean-Marie Beaupuy ou encore Bernard Lehideux. Des vice-Présidents du Mouvement seront également de la partie (les sortants Marielle de Sarnez et Jean-Luc Benhamias, ainsi que Corinne Lepage) ce qui est important pour témoigner d'une démarche collective du Mouvement.
Dans ma circonscription, l'Ouest, l'engagement et l'expérience européens de Sylvie Goulard ne sont pas sujets à débat.
Cependant, je trouve que les analyses développées dans le rapport négligent l'évolution du lien entre les citoyens et l'Europe et, par ricochet, entre les électeurs et les élections européennes. L'analyse qui est faite reste dans la continuité de la noble tradition du "discours sur l'Europe" laissant la "pratique de l'Europe" plus en filigrane. Je le regrette, car je reste persuadé qu'il s'agit d'une dimension importante à prendre en compte, sous peine de revivre des grands moments de déception, tel qu'au moment du non au TCE.
Nous avons choisi de porter, dans la continuité d'une longue et riche tradition, un discours d'élites, porté par des élites. Pourrons-nous le mettre en cohérence avec l'envie des "citoyens lambda", ceux qu'on appelle la "masse électorale" de se réapprorier le destin de l'Europe ? C'est, je crois le plus grand défi de la campagne qui s'ouvre si on veut éviter d'être perçus comme une certaine Marie-Antoinette chère à l'Histoire de France.
15:22 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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26.01.2009
Mon libéralisme
Comme justement rappelé par Lomig en commentaire, j'ai un peu triché dans le lancement de la chaîne sur le libéralisme : je me suis abstenu de répondre. Ce billet comble ce manque.
Pour commencer, il est opportun de préciser que je me considère (à tort, à raison ? j'attends le débat) un libéral mais que je me retrouve souvent en désaccord, notamment en matière économique, avec d'autres "libéraux". Vraisemblablement un problème de lagage non partagé.
Mon libéralisme est bien décrit par les deux petits tests que j'ai publié récemment. Je crois qu'être libéral c'est reconnaître à chaque personne, en tant qu'individu et en tant que membre de groupes sociaux, le droit à sa liberté. Je crois que la liberté doit être analysée sous son aspect "positif" (la distinction entre liberté positive et négative a été introduite par Isaiah Berlin et reprise par Amartya Sen, le fait que je cite ces auteur n'implique pas que j'adhére entièrement à leur système de pensée). Je crois également que toute activité humaine, et particulièrement l'activité politique, se doit de servir l'Homme, c'est à dire qu'elle doit permettre à tout un chacun d'être, positivement, plus libre. Et, naturellement, la liberté ne peut aller sans responsabilité, mais c'est un point qui ne fait pas, je crois, aucun débat. Avec ce positionnement, ce n'est pas étonnant que des tests faisant la distinction entre sphère économique et sphère du comportement (distinction que je trouve fallacieuse), détectent une certaine tendance libertaire chez moi. Les tests se trompent mais il est vrai que tout exercice de liberté qui n'affecte pas la liberté des autres me paraît légitime. Et cela va de choses "simples" (noter les guillemets) comme l'affichage publique de l'homosexualité à d'autres plus délicates comme les suicides assistés.
Quand deux libertés effectives (positives) impactent l'une sur l'autre, on est en présence d'un marché. Or, si je trouve qu'un marché parfait, c'est à dire sans aucune asymétrie de pouvoir entre l'"offre" et la "demande", c'est un excellent "médiateur" des libertés (ce qui explique mon aversion aux économies planifiées) je considère qu'un tel marché n'existe pas. Je ferai deux exemples : le marché au sens économique du terme et le "marché politique".
Quiconque connaît un peu d'économie d'entreprise sait que celle-ci, pour garantir sa survie avant même de satisfaire son confort, nécessite de maîtriser, de dominer les relations avec son environnement rapproché : les fournisseurs, les distributeurs, les banques ... et les clients. De par sa nature, l'entreprise se doit de produire une asymétrie de pouvoir. Cette asymétrie nie la liberté positive des consommateurs : l'exemple des petits souscripteurs d'assurance vie englués dans la chute brutale des marchés financiers en est un exemple. Par conséquent, je ne pense pas, en tant que libéral, qu'un marché débridé soit souhaitable. Je rejoins plutôt Schumpeter qui, tout en exaltant la figure de l'entrepreneur, croyait que le marché autorégulé se détruit et transforme le monde en un désert. Ce positionnement ne peut être interprété par des tests préformatés comme un positionnement (erroné) "à gauche".
Enfin, et je viens au "marché politique", un libéral tel que je le suis ne peut être que dans la différence par rapport aux deux grands partis de (non) gouvernement présents en France (et par conséquence par rapport à leurs satellites), vrais apparâts de verrouillage et contrôle de l'opinion publique (l'UMP plus que le PS, à vrai dire, et cela bien avant Sarkozy). De même je ne peut qu'être inquiet par la situation de notre Ecole, de nos Médias et, plus en général de nos Institutions.
18:20 Publié dans Economie, Engagement Démocrate, Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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25.01.2009
Une chaîne pour réflechir et partager un langage
La crise remplit encore et toujours les journaux, les émissions télé, les blogs, le débat politique. Il est fort probable que cela sera le thème fort de la prochaîne campagne européenne. Dans l'approche de la crise, un bouc-émissaire a été identifié : les (néo-, ultra-, hyper-, méga-) libéraux. Je dois dire que cet hunanimisme presque total m'inquiète. En effet, je vois peu de différence entre la stigmatisation d'une catégorie de personnes à cause de leurs croyances économiques et celle qui vise un groupe humain à cause de ses croyances réligieuses. Mais je divague. L'objet que je voudrais soumettre à la réfléxion commune est simple : "Libéral : c'est à dire ?"
Chacun d'entre nous a sa propre vision de l'être "libéral". Probablement, nombreux blogueurs ont déjà donné leur avis la-dessus : l'idée de la chaîne est de faciliter la collecte et le partage des avis de chacun. Je suis persuadé que les représentations des uns et des autres peuvent être très diverses.
Pour démarrer je trouve intéressant appeler des blogueurs aux opinions et attitudes politiques diverses :
- L'Hérétique (libéral et démocrate)
- Lomig (libéral)
- Troublyonne (left blog)
- Marie-laure (démocrate)
- Florent (démocrate et environnementaliste)
Je vous lis avec beaucoup d'intérêt.
14:39 Publié dans Economie, Engagement Démocrate, Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
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