18.02.2009

Seize mois de "Parti Démocrate" en Italie : considérations à chaud

Comme relaté par les organes de presse (ici "Le Monde"), le chef de l'opposition en Italie vient de démissionner suite à l'enième défaite électorale depuis la naissance du "Partito Democratico". Au delà du tropisme des journalistes (Veltroni est appelé "chef de la gauche", ce qui est pour le moins inexact), l'expérience du PD en Italie doit devrait susciter la réflexion parmi ceux qui, en France, pensent que les perspectives offertes à la fois par le sarkozysme et par les gauches ne sont pas adaptées aux monde épais d'aujourd'hui.

En effet, plusieurs éléments rapprochent la situation politique française et italienne. Tout d'abord, la présence aux manettes d'une droite de moins en moins libérale. Berlusconi, et Sarkozy s'en inspire largement, a réussi un coup de maître tout au long de ces très longs années sur le devant de la scène politique : refuser tout débat politique en passant pour un homme ouvert. Les autres ? Les autres c'est la gauche, les communistes, les staliniens. Parler avec eux ? Et pourquoi ? Ils mentent, ils ont toujours menti, ils ne savent que mentir. Moi (Berlusconi) j'aimerais bien avoir une opposition avec laquelle dialoguer mais eux, ils ne veulent pas discuter, ils ne veulent pas le bien du pays. Voyez-vous, c'est pas ma faute. Et ce discours débile, ça marche. Remarquez, cela fonctionne pas trop mal en France non plus : si on ne se plie pas aux culte du souverain on devient forcément un imprécateur. On quitte le giron gouvernemental ? On n'est qu'un "pauv'con" de droite qui s'est égaré. Étonnante corréspondance.

Avant la création du PD, la gauche italienne rassemblait également à celle française. A la nuance près que R.Prodi avait réussi pour deux fois à convaincre l'extrême gauche (un peu la FO+LCR d'antan) à s'engager dans un projet de gouvernement, conduit par les "Démocrates de Gauche" (un peu le PS français, DS en italien). Le peu de centre porté par la Marguerite et Prodi lui même devant assurer la cohésion de l'ensemble, une fonction de médiation et de lien. De ce point de vue, l'Olivier (Ulivo) était une sorte de "gauche plurielle élargie". Le projet, pour deux fois, capota. Les deux fois, la crise vint de gauche. Un vote de censure voté par les communistes avec la droite la première fois, un épuisement dans le paroxysme d'un gouvernement contesté dans la rue par des Ministres du même gouvernement la deuxième. Et cela même si, factuellement, la majorité tomba "grâce" à l'odeur d'une bonne soupe qui, ironie du sort, n'a jamais été servie au convive intéressé.

Face à cette impossibilité constatée dans les faits de faire de l'Olivier une alliance durable de gouvernement, la Marguerite et une large partie des DS fondèrent le "Parti Démocrate", avec l'idée de s'imposer vers le centre et de consolider une base électorale majoritaire indépendante des diktats de la gauche radicale. Ce projet, vécu par les électeurs comme la continuité des Démocrates de Gauche, à leur tour héritiers du Parti Communiste Italien (PCI) a été systématiquement rejeté dans les urnes au cours de ces seize mois. Il est vrai qu'en Italie, comme un France, une partie du centre (UDC) penche plutôt avec la droite, ce qui a empêché un recentrage plus important du PD. D'ailleurs, au prix de hautes luttes et même de prises de risques électorales, l'UDC a su se rendre bien plus importante que les satellites centristes de l'UMP : elle pèse entre 6% et 8%, ce qui la rend souvent décisive. Et pourtant, elle sait bien qu'elle reste la mal aimée de l'alliance de droite, l'allié qu'il faut tuer. Donc, contrairement au NC ac similia, elle se garde une vraie marge de manoeuvre.

En France, la consolidation du courant de pensée démocrate, fondé plus sur le concept de liberté que sur celui de propriété (oui, je sais, certains penseurs rénommés font découler la liberté de la propriété, notamment de la propriété de soi, je ne partage pas ce point de vue) tente de se faire à partir des organisations politiques modérées. L'UDF, une grosse frange de droite en moins (la création de l'UMP ayant clarifié les choses), CAP21 (qui a toujours refusé les dérives d'un certain écologisme altermondialiste), les dizaines de milliers d'adhérents qui, dans la bipolarisation manichéenne favorisée par les règles institutionnelles n'avaient jamais trouvé de maison. Je sais, je sais, on me dit que beaucoup de ces adhérents sont insatisfaits, qu'un certain nombre, pas tous des inconnus, ont décidé d'abandonner la maison orange. Je dois dire que cela ne me surprend guère : la politique est un exercice de patience et la patience s'aquière avec le recul. Or, pour beaucoup de ces adhérents, le MoDem a été un éclair dans la nuit sombre du clivage gauche-droite. Le rêve de la "politique autrement". Ce rêve, je le crois, est nécessaire, indispensable même, mais il se construit dans le temps. Beaucoup de temps. Beaucoup se félicitent de l'élection d'Obama en 2008 mais ils négligent le fait que le discours de révérend King date de 1963. Cela fait, quand même, 45 ans (et un Vietnam, un 11 septembre et pas mal d'années "Bush", père et surtout fils). J'y reviendrai (probablement) dans un autre billet.

Pour revenir aux démocrates, l'expérience italienne nous montre la difficulté de recomposer ce courant politique à partir de la gauche. La droite d'aujourd'hui est incompatible avec l'approche démocrate : j'en appelle pour témoin l'énorme importance donnée au lien de l'anti-gauche, déjà évoqué pour Berlusconi. Par conséquent, le bien fondé de la stratégie du MoDem apparaît évident : on ne peut recomposer cette famille politique de manière crédible qu'à partir de positions modérées. C'est un vrai défi, qui s'inscrit dans la durée, qui est extrêment difficile. Mais qu'il est nécessaire de relever avec succès.

21.12.2008

Le PRG avec le MoDem aux européennes ?

C'est tout juste une dépêche AFP tirée du Figaro. Extrait :

Le président du Parti des radicaux de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, a indiqué aujourd'hui qu'il envisageait de constituer des listes avec le MoDem de François Bayrou, dont il se sent plus proche que du PS, "divisé" sur l'Europe.

La dépêche complete est ici

23:38 Publié dans Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prg, modem, baylet, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

06.11.2008

C'est pas ma faute

Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, répond à des questions de Rue89 sur la politique d'alliances du PS.

En gros elle dise :

- il faut faire 30% tous seuls (le PS) au premier tour

- il faut dialoguer ensuite avec Bayrou et Besancenot pour battre Sarkozy

- en 2007 on ne pouvait pas faire mieux et en tout cas la faute de la défaite c'est de F.Hollande et .... de F.Bayrou

 

Bon, on risque de se marrer dans les mois à venir ...

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