18.02.2009
Seize mois de "Parti Démocrate" en Italie : considérations à chaud
Comme relaté par les organes de presse (ici "Le Monde"), le chef de l'opposition en Italie vient de démissionner suite à l'enième défaite électorale depuis la naissance du "Partito Democratico". Au delà du tropisme des journalistes (Veltroni est appelé "chef de la gauche", ce qui est pour le moins inexact), l'expérience du PD en Italie doit devrait susciter la réflexion parmi ceux qui, en France, pensent que les perspectives offertes à la fois par le sarkozysme et par les gauches ne sont pas adaptées aux monde épais d'aujourd'hui.
En effet, plusieurs éléments rapprochent la situation politique française et italienne. Tout d'abord, la présence aux manettes d'une droite de moins en moins libérale. Berlusconi, et Sarkozy s'en inspire largement, a réussi un coup de maître tout au long de ces très longs années sur le devant de la scène politique : refuser tout débat politique en passant pour un homme ouvert. Les autres ? Les autres c'est la gauche, les communistes, les staliniens. Parler avec eux ? Et pourquoi ? Ils mentent, ils ont toujours menti, ils ne savent que mentir. Moi (Berlusconi) j'aimerais bien avoir une opposition avec laquelle dialoguer mais eux, ils ne veulent pas discuter, ils ne veulent pas le bien du pays. Voyez-vous, c'est pas ma faute. Et ce discours débile, ça marche. Remarquez, cela fonctionne pas trop mal en France non plus : si on ne se plie pas aux culte du souverain on devient forcément un imprécateur. On quitte le giron gouvernemental ? On n'est qu'un "pauv'con" de droite qui s'est égaré. Étonnante corréspondance.
Avant la création du PD, la gauche italienne rassemblait également à celle française. A la nuance près que R.Prodi avait réussi pour deux fois à convaincre l'extrême gauche (un peu la FO+LCR d'antan) à s'engager dans un projet de gouvernement, conduit par les "Démocrates de Gauche" (un peu le PS français, DS en italien). Le peu de centre porté par la Marguerite et Prodi lui même devant assurer la cohésion de l'ensemble, une fonction de médiation et de lien. De ce point de vue, l'Olivier (Ulivo) était une sorte de "gauche plurielle élargie". Le projet, pour deux fois, capota. Les deux fois, la crise vint de gauche. Un vote de censure voté par les communistes avec la droite la première fois, un épuisement dans le paroxysme d'un gouvernement contesté dans la rue par des Ministres du même gouvernement la deuxième. Et cela même si, factuellement, la majorité tomba "grâce" à l'odeur d'une bonne soupe qui, ironie du sort, n'a jamais été servie au convive intéressé.
Face à cette impossibilité constatée dans les faits de faire de l'Olivier une alliance durable de gouvernement, la Marguerite et une large partie des DS fondèrent le "Parti Démocrate", avec l'idée de s'imposer vers le centre et de consolider une base électorale majoritaire indépendante des diktats de la gauche radicale. Ce projet, vécu par les électeurs comme la continuité des Démocrates de Gauche, à leur tour héritiers du Parti Communiste Italien (PCI) a été systématiquement rejeté dans les urnes au cours de ces seize mois. Il est vrai qu'en Italie, comme un France, une partie du centre (UDC) penche plutôt avec la droite, ce qui a empêché un recentrage plus important du PD. D'ailleurs, au prix de hautes luttes et même de prises de risques électorales, l'UDC a su se rendre bien plus importante que les satellites centristes de l'UMP : elle pèse entre 6% et 8%, ce qui la rend souvent décisive. Et pourtant, elle sait bien qu'elle reste la mal aimée de l'alliance de droite, l'allié qu'il faut tuer. Donc, contrairement au NC ac similia, elle se garde une vraie marge de manoeuvre.
En France, la consolidation du courant de pensée démocrate, fondé plus sur le concept de liberté que sur celui de propriété (oui, je sais, certains penseurs rénommés font découler la liberté de la propriété, notamment de la propriété de soi, je ne partage pas ce point de vue) tente de se faire à partir des organisations politiques modérées. L'UDF, une grosse frange de droite en moins (la création de l'UMP ayant clarifié les choses), CAP21 (qui a toujours refusé les dérives d'un certain écologisme altermondialiste), les dizaines de milliers d'adhérents qui, dans la bipolarisation manichéenne favorisée par les règles institutionnelles n'avaient jamais trouvé de maison. Je sais, je sais, on me dit que beaucoup de ces adhérents sont insatisfaits, qu'un certain nombre, pas tous des inconnus, ont décidé d'abandonner la maison orange. Je dois dire que cela ne me surprend guère : la politique est un exercice de patience et la patience s'aquière avec le recul. Or, pour beaucoup de ces adhérents, le MoDem a été un éclair dans la nuit sombre du clivage gauche-droite. Le rêve de la "politique autrement". Ce rêve, je le crois, est nécessaire, indispensable même, mais il se construit dans le temps. Beaucoup de temps. Beaucoup se félicitent de l'élection d'Obama en 2008 mais ils négligent le fait que le discours de révérend King date de 1963. Cela fait, quand même, 45 ans (et un Vietnam, un 11 septembre et pas mal d'années "Bush", père et surtout fils). J'y reviendrai (probablement) dans un autre billet.
Pour revenir aux démocrates, l'expérience italienne nous montre la difficulté de recomposer ce courant politique à partir de la gauche. La droite d'aujourd'hui est incompatible avec l'approche démocrate : j'en appelle pour témoin l'énorme importance donnée au lien de l'anti-gauche, déjà évoqué pour Berlusconi. Par conséquent, le bien fondé de la stratégie du MoDem apparaît évident : on ne peut recomposer cette famille politique de manière crédible qu'à partir de positions modérées. C'est un vrai défi, qui s'inscrit dans la durée, qui est extrêment difficile. Mais qu'il est nécessaire de relever avec succès.
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15.02.2009
Promesses, programmes et Politique
Dimanche dernier, le Mouvement Démocrate a présenté ses têtes de liste pour les élections européennes : en tant qu'électeur de l'Ouest je suis très heureux du choix de Sylvie Goulard. Femme, jeune et, surtout, européenne et compétente, elle représente une agréable nouveauté dans le microcosme politique. Bien évidemment, les principaux adversaires du MoDem, le PS et l'UMP, ont commencé leur habituelle campagne de démonisation de l'autre.
Le MoDem ? A croire l'UMP, le MoDem n'est que Bayrou. Drôle quand on se professe "sarkozyste" avant tout. Et Bayrou serait un "imprécateur", un "populiste", un obsédé de la présidentielle (qui n'y pensait pas qu'en se rasant, j'ai un blanc ...). Pour le PS, là aussi, on focalise sur Bayrou : un type "de droite", "sans idées", "sans programme". C'est de bonne guerre. Parfois, ces arguments font brèche parmi les militants et sympathisants orange : notamment, ici et là on lit de manière réguilère cette référence à "Bayrou sans programme".
Je ne veut pas débattre du fait si le MoDem a un programme ou pas (c'est évident que le Mouvement a présenté un programme en 2007, tout comme il est dans les faits que ce programme est réactualisé en permanence, y inclus avec la contribution des militants) mais, peut-être de manière plus iconoclaste, des programmes politiques en eux-mêmes. Tout d'abord, un bon programme n'a jamais fait gagner une élection. Sarkozy, avait-il un programme en 2007 ? Mise à part la bougeotte permanente et quelques retours d'ascenseur, je ne vois pas. Mais encore, qu'est que c'est un "programme" ? Comme son nom l'indique, un programme est une collection de ce qu'on envisage de faire au cours d'un mandat. En gros, le "programme" n'est autre chose qu'un catalogue de promesses établies à un moment donné et destinées invariablement à être démenties par la réalité. Nos hommes et femmes politiques, pas plus que nous, ils ne sont pas des devins. Et la réalité a toujours plus d'imagination que l'inspiration humaine. Une chose que j'avais aimé dans le "Bayrou 2007" c'était d'avoir un programme réduit, des pistes d'actions immédiates qui allaient dégager des marges de manoeuvre pour répondre à l'imprévu. Mais sans doute de faire le paquet fiscal ou l'augmentation du SMIC à 1500 € ont été considérés des idées plus pertinentes.
En réalité, le programme, en soi-même est un document inutile. Ce qu'il y a de bien dans un programme, c'est le chemin qu'on fait pour sa conception : les discussions, les débats, les engueulades. Rédiger un programme c'est quelque chose qui permet de mûrir la réflexion politique, d'affiner, collectivement, la compréhension de l'environnement qui nous entoure et de ses mécanismes. Élaborer un programme, c'est une école. Cependant, comme toute école, il s'agit d'un exercice involontairement tourné vers le passé : on ne peut pas étudier le futur. Et, depuis Karl Popper, on sait que les leçons du passé ne sont pas forcément valides pour le temps à venir.
Or, la Politique est un travail d'anticipation, donc sujet à l'erreur. Par conséquent, ce qui est réellement important, c'est d'avoir une grille de lecture qui permet d'analyser rapidement les transformations du contexte, de préconiser des actions vis-à-vis des objectifs, d'apprendre en permanence de ses propres erreurs. Un programme, ne contient aucun de ces trois éléments.
Alors, quand on me dit que le MoDem "n'a pas de programme" j'aurais envie de répondre : "Heureusement, car être esclave de ses promesses est extrêment dangereux!".
15:24 Publié dans Engagement Démocrate, Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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15.01.2009
Candidature démocrate aux Européennes
Toutes mes félicitations à Florian Chiron pour sa candidature en Allemagne (avec les Grünen). J'ai eu occasion de connaître Florian à l'Université de Rentrée et on a appris à mieux se comprendre au fil du temps, notamment dans le groupe de travail sur la citoyenneté européenne qu'il co-anime et donc je fais également parti. Président du MoDem en Allemagne, il a cette compréhension du fait européen qui vient de l'expérience vécue. Ses compétences en matière de finance ne font que rendre son profil plus pertinent face aux enjeux de notre temps.
Alors, si vous en avez les moyens et l'opportunité, soutenez Florian.
11:52 Publié dans Engagement Démocrate, Politique et environs, Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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08.01.2009
Baromètre Figaro-TNS de janvier : questions
Le Baromètre du Figaro, réalisé avec le support technique de TNS est un des documents d'analyse de l'opinion en matière de personnalités politiques parmi les plus connus de France. Cependant, je reste sceptique quand je lis certaines données. Et, bien entendu, je ne demande qu'à être éclairé. Prenons Janvier 2009 et allons ensemble à page 13.
Ici on retrouve la "côte d'avenir" des personnalités politiques ainsi que le détail de cette "côte" entre répondants de "Gauche", "Modem" et "Droite". Malheureusement la catégorie "Sans préférence partisane" (détail de page 9) n'est pas montrée. Si on admet (mais c'est contestable) que ces "SP" se distribuent selon la moyenne, on peut calculer la côte de chacun comme la moyenne pondéré des côtes "partisanes". Autrement dit, on peut estimer quelle est la distribution de l'échantillon selon la préférence partisane ou, si on préfère, induire une estimation de l'auto-classement politique des répondants.
Prenons les cinq premier du classement
Kouchener -> 42G + 67M + 67D = 48
Aubry -> 59G + 48M + 30D = 45
Delanöe -> 58G + 58M + 35D = 45
Borloo -> 35G + 57M + 58D = 41
Bayrou -> 42G + 87M + 33D = 40
Calculons une estimation de G,M et D.
Avec Kouchner+Aubry+Bayrou on obtient : Gauche -> 54,6%, Droite -> 28,7%, MoDem -> 8,8%
Avec Kouchner+Aubry+Delanöe on obtient : Gauche -> 66,1%, Droite -> 47,2%, MoDem -> - 17% (moins 17% vous lisez bien)
Bon, au delà de la bizarrerie de voir la côte de F.Bayrou augmenter à Droite et à Gauche mais chuter au MoDem (-6%), il suffit de comparer les scores de Delanöe et Aubry pour se poser des questions : 1 point dans la "Gauche" aurait le même impact que 10 points sur les MoDem plus 5 dans la catégorie "Droite".
Bien entendu, il y a surement des explications logiques, car TNS est société sérieuse. Mais alors, cela ne serait pas plus mal d'avoir une note méthodologique plus complète afin d'éviter des incompréhensions.
14:38 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
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05.01.2009
To make our contribution to humanity, we have to free ourselves of the obsession with the trauma
C'est bien d'avoir des amis. A peine le temps de publier le billet sur Gaza qu'on me suggère un article de Time, un magazine américain connu. Je doit dire que cette interview à Avrum (Avraham en rendu français) Burg est très intéressante. Bien sur, c'est un peu long et c'est en anglais mais je sais que beaucoup d'entre vous maîtrisent l'american english mieux que moi alors ... il ne me reste que vous souhaiter bonne lecture.
Pour savoir qui est A. Burg, ici une courte bibliographie wikipédia (en francais cette fois)
08:00 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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04.01.2009
Gaza
Avant de laisser mes quelques considérations sur l'actualité de la bande de Gaza je veux d'abord avouer mon incompétence la plus complète sur le sujet. Je ne suis pas juif, je ne suis pas palestinien, je n'ai jamais vécu à Gaza et je ne connais personne qui ait eut occasion d'y séjourner. Je ne suis pas historien ni expert de géopolitique. D'autres en parleront avec beaucoup plus de profondeur et de professionnalisme : je pense à Olivier Kempf ou, parmi le démocrates à Quindi dont l'auteur a développé des considérations intéressantes suite à un billet polémique de l'Hérétique. Pour ma part, je ne peux que me limiter à exprimer un ressenti. Et encore, j'ai beaucoup hésité à le faire car je suis conscient que l'opinion (dont la mienne) se forme sur la base d'une information partielle et manipulée : on est en présence d'une communication de guerre.
Ma première réaction a été une grande déception vis-à-vis de certains dirigeants israëliens, Tzipi Livni en premier lieu. Pourquoi ?. Parce que ses positions justes lors de la guerre de 2006 me faisaient croire à plus de modération. En plus, faire le lien entre son échec à former un gouvernement menant aux prochâines élections où elle traînait dans les sondages était simple. J'étais moins surpris par la position d'Obama : son intervention de campagne chez l'AIPAC avait déjà clarifié sa position quant à l'attitude du candidat de l'époque vis-à-vis des faucons israëliens.
Cependant, j'aurai failli à ma rénommée de scéptique si quelque chose ne clochait pas. En effet tout ça c'est trop simple, trop évident pour être suffisamment vrai. En 2006, l'opinion israëlienne était partagée sur la guerre au Hezbollah. C'est des nuances qu'on ne voit pas aujourd'hui. Il doit bien avoir une raison. Tout comme il doit bien avoir une raison si le Hamas est si fort à Gaza. D'ailleurs, je m'intérroge sur leurs méthodes de contrôle du territoire et sur les raisons qui leur ont fait déclrer bien à l'avance qu'ils ne reconduisaient la trève (déjà peu respectée). Ensuite, Israël déclare de ne pas vouloir réoccuper militairement Gaza. Il est assez évident que l'action militaire ne va pas faire disparaître le Hamas comme par enchantement : quel est le plan politique d'Israël ? Et les Palestiniens que ne croient pas au Hamas, ont-ils un plan B ? Oui, cela fait beaucoup de questions sans beaucoup de réponses, je lirai avec attention les analyses des experts.
Mais il y en a une de question qui me tracasse par dessus toute autre : Palestiniens et Israëliens, ont-ils simplement envie de faire, maintenant, la paix ? En l'état des choses, j'en doute. De vivre en paix, certainement, mais "faire" la paix, se réconcilier avec l'ennemi d'hier, c'est autre chose. Et personne ne peut le faire à leur place.
19:47 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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31.12.2008
Réflexion en guise de voeux
Les voeux : un exercice que je déteste au plus haut point. Quoi que vous disiez, vous avez toujours l'aire d'un imbécile.
Essai n°1. Je souhaite qu'en 2009 il y ait plus de paix dans le monde, moins de misère, plus de liberté, moins de pollution ... bien sûr. Mais si les voeux servaient à quelque chose, la Terre serait un paradis depuis très longtemps. On déchire la page, on recommence. Échelle plus petite.
Essai n°2. Je souhaite qu'en 2009 l'Europe puisse renouer le lien avec les citoyens, que la participation aux élection soit forte, que le MoDem, le Parti Démocrate Européen et ses alliés dans l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe puissent contribuer à ancrer le paradigme de l'Homme comme mètre de jugement des politiques ... évidemment. Mais ce n'est pas à souhaiter, c'est à faire. Hop, on redéchire, adoptons une perspective nombriliste.
Alors, en guise de voeux, je vais simplement remercier les personnes qui ont accompagné mon engagement démocrate, celles qui le font "en vrai" et celles qui le font ici. Et pour rendre effectifs mes remerciements, je vous laisse quelques réflexions nées du débat avec un lecteur qui m'apporte sa différence : je le remercie tout particulièrement car, si sentir que des gens sont en synthonie avec vous reconforte, se confronter avec une critique constructive permet d'avancer, de devenir meilleurs.
Mon voeux, sera celui-ci : que vous tous, dans vos engagements et dans votre vie, ayez l'occasion d'entendre au moins une fois dans l'année une critique sincère et constructive qui vous permettra d'avancer sur le chemin que vous est propre.
Réponse au commentaire de europium du 30.12.2008 sur ce billet
Europium, je comprends parfaitement votre discours et je le partage en grande partie. Cependant, il y a quelques points (en réalité c'est le même, acte à votre cohérence) qui rendent différentes nos analyses respectives.
Vous dites : "Il est difficile de faire comprendre au plus grand nombre que le modem se veut indépendant alors que suivant les modes de scrutin il est obligé de s’allier soit avec le PS soit avec l’UMP, sinon il se retrouverait avec trop peu d’élus." Pardonnez-moi mais je crois que vous oubliez l'essentiel : les électeurs. L'histoire politique nous montre que la distribution des suffrages est changeante. Ce n'est pas le PCF qui me contredira. Et l'histoire des élections présidentielles nous montre que la bipolarisation de la représentation parlementaire n'a pas induit la bipolarisation des opinions politiques. Bien au contraire, quand les plus fortes minorités se font sur des messages durs, l'électorat cherche une valve de sécurité au centre (Lecanuet, Bayrou). Quand ces minorités se veulent plus consensuelles, cela ouvre aux extrêmes (Le Pen mais aussi Besancenot pour certains aspects). Notre mission, je crois, est de gagner suffisamment d'électeurs pour contraindre la construction des majorités sur nos idées et valeurs. Sinon, pourquoi être "parti"? On aurait très bien pu se diluer dans un des courants moins minoritaires de France sans aucune prétention d'indépendance. Indépendance de jugement, de convictions, d'action, de proposition. On voit avec nos anciens compagnons de route passés au NC, et même avec ceux qui se sont embrigadés à l'UMP en 2002, où cela mène.
Cela nous ramène à l'extrême centre. Vous dites : "Le modem, ce n’est pas l’extrême centre à l’image de l’extrême gauche ou l’extrême droite car il a vocation à gouverner et doit par conséquent faire attention à ne pas trop s’isoler en s’enfermant dans un discours trop idéaliste." En ce qui me concerne, je me suis souvent défini comme un extrémiste du centre. C'est une formule qui interroge et qui dérange, ce qui permet de discuter avec les électeurs et d'ouvrir des portes de contact. Tout le monde croit en quelque chose (politiquement) : si on ne fait pas naître la curiosité et le doute, on ne peut pas faire bouger les lignes. Mais qu'est que c'est un "extrême centriste" ? Je crois que c'est point fondamental de divergence entre nous : parfois les mots n'ont pas le même sens pour celui qui parle et pour celui qu'écoute. Je vais donc m'expliquer. Le centre a été longtemps conçu et perçu comme un lieux politique de médiation entre droite et gauche, un lieux politique où la chèvre et le choux devenaient un bon plat mijoté. Dans cette conception du centre, en effet, il n'y a pas de place pour l'indépendance : en jouant un rôle d'arbitre et de tempérance sur la base du moins mauvais compromis, son existence nécessite deux conditions. L'existence de deux blocs, de droite et de gauche, et le fait que les deux ne puissent pas, seuls, assurer leur majorité. L'échec, peut-être temporaire, du NC tient au non respect de cette deuxième condition. Au lieu du centre médiateur (forcément "mou") l'"extrême centre", dans mon esprit, se veut un lieux de création de pensée politique, d'affirmation d'être par soi même avant même que par différence. C'est d'ailleurs un passage que beaucoup, même parmi nous, n'ont pas pleinement saisi : on ne dit plus "ni-ni", on dit démocrates. Ce centre assume et revendique son indépendance de pensée et de valeurs. Tout comme la « droite » et la « gauche », par ailleurs. Est-que cela nous enferme ? Je ne le crois pas. L'ouverture, la tolérance, le respect de la dignité de chacun font partie de notre ADN politique. Je crois qu'aucun démocrate n'est opposé à un rassemblement large des volontés mais, encore aujourd'hui, les conditions d'un tel rassemblement ne sont pas au rendez-vous. Et pas à cause des démocrates, si je ne m'abuse.
Entre une famille politique qui fait de l'anéantissement du centre sa première raison d'être (un centriste, cela se roule dans la farine et on le fait frire – dixit Jacques Chirac, fondateur de l'UMP – j'apprécie très peu la perspective) car il s'agit d'un enjeux de pouvoir de taille, et une autre qui lui nie même la dignité de l'existence (le centre c'est la droite – dixit en grand chœur le PS – merci le respect) nous avons, je crois, une obligation d'indépendance. Même si la route est difficile.
Très bon 2009 démocrate à tous.
14:24 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
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28.11.2008
Ca roule (ou pas ?)
12:05 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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11.11.2008
Les citoyens sont égaux devant la loi
Mais pas aux Etats Unis. En tout cas, pas devant la loi électorale.
Voici la libre traduction d'un témoinage d'un électeur de R.Nader dans l'Indiana (en anglais ici)
"Ce que nous avons accompli aurait eu plus d'importance pour moi si mon vote pour Nader avait été comptabilisé. Le bureau électoral de ma contée m'a dit que "aucun vote pour les candidats write-in (c'est à dire qui n'apparaisent pas directement sur le bulletin) ne sera comptabilisé dans aucun bureau de vote". De même, le "Indiana State Board of Elections" est conscient du problème et, et raison d'une élection serrée, a choisi de ne pas obliger la prise en compte des "write-ins". On se demande quel score aurait été réellement réalisé si tous les votes pour Nader/Gonzalez avaient été comptabilisés. C'est difficile pour moi de trouver l'envie de continuer à essayer. Entre mes 9 et 10 ans, j'ai vécu en Union Soviétique. Je perçois peu de différences entre les élections américaines de 2008 et les bonnes vielles élections bolscheviques. Le message est clair (au moins dans l'Indiana) : "Si tu ne vote pas un des deux candidats des puissances d'argent, ton vote ne compte pas."
Accepterions nous cela chez nous ?
23:27 Publié dans Engagement Démocrate, Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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07.11.2008
Confettis Socialistes
J'étais ce matin sur la route pour venir travailler et j'écoutais la radio : sur Europe1, il y avait Benoit Hamon invité. Or, bien que le débat interne au PS me passionne plus ou moins comme le 13h de TF1, il me semblait nécessaire d'être informé sur les premiers résultats du vote.
J'écoute et, en gros, j'apprends que Ségolène Royal est la grande gagnante, qu'elle a distancé ses rivaux, que Bertrand Delanöe et Martine Aubry sont cuits, que Hamon a réussi son pari de tirer à gauche le parti.
Ensuite, on passe les chiffres :
Royal 29 %, Delanöe et Aubry 25% chacun, Hamon 19%
Sincèrement, quoi de neuf sous le soleil ? On parle de "victoire nette" mais, combien de socialistes n'ont pas voté pour elle ? On oubli assez vite qu'on n'est pas en présence d'un vote populaire (avec des millions d'électeurs) mais dans un scrutin avec moins de 130.000 participants.
Et en 2007, elle avait été choisie comme candidate par environ 60% des conviés au vote.
La réalité est que le PS reste un parti écartelé, avec des positions politiques tout autant inconciliables qu'avant, sans leadership et, par conséquent, sans projet, dont le ciment est simplement la gué-guerre stérile contre "la droite". Il faut battre Sarkozy mais pas un mot crédible sur ce qui serait la France d'après.
D'ailleurs, c'est flagrant dans les paroles de Delphine Batho (ici) accusant les démocrates de porter "une lourde responsabilité" dans la victoire UMPiste mais évitant bien de fournir des raisons politique au sens propre et noble du terme pour lesquelles le MoDem et le NPA devrait se retrouver dans la même alliance. Pardon, j'aurais dû dire ralliement.
Car je n'ai pas oublié la candidate du PS demandant, purement et simplement, au MoDem de souscrire son programme alors qu'elle même n'y croyait pas une seconde (cfr ses déclaration de presse de l'époque).
Bref, je respecte les gens de gauche, les militants, les personnes engagées. Car je sais, entre autres pour en fréquenter un bon nombre de façon quotidienne, qu'ils portent des valeurs, des idées et des réflexions qu'on ne peut pas balayer du revers de la main.
Mais je leur demande d'être lucides : ce n'est pas avec des confettis de papier rose-socialiste, désormais lourdement déchiré, que l'on pourra changer le destin de la France et de l'Europe.
Mes amis de gauche, c'est à vous de prendre votre responsabilité : vos idées valent mieux que des faux leaders de façade
11:49 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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