31.12.2008

Réflexion en guise de voeux

Les voeux : un exercice que je déteste au plus haut point. Quoi que vous disiez, vous avez toujours l'aire d'un imbécile.

Essai n°1. Je souhaite qu'en 2009 il y ait plus de paix dans le monde, moins de misère, plus de liberté, moins de pollution ... bien sûr. Mais si les voeux servaient à quelque chose, la Terre serait un paradis depuis très longtemps. On déchire la page, on recommence. Échelle plus petite.

Essai n°2. Je souhaite qu'en 2009 l'Europe puisse renouer le lien avec les citoyens, que la participation aux élection soit forte, que le MoDem, le Parti Démocrate Européen et ses alliés dans l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe puissent contribuer à ancrer le paradigme de l'Homme comme mètre de jugement des politiques ... évidemment. Mais ce n'est pas à souhaiter, c'est à faire. Hop, on redéchire, adoptons une perspective nombriliste.

Alors, en guise de voeux, je vais simplement remercier les personnes qui ont accompagné mon engagement démocrate, celles qui le font "en vrai" et celles qui le font ici. Et pour rendre effectifs mes remerciements, je vous laisse quelques réflexions nées du débat avec un lecteur qui m'apporte sa différence : je le remercie tout particulièrement car, si sentir que des gens sont en synthonie avec vous reconforte, se confronter avec une critique constructive permet d'avancer, de devenir meilleurs.

Mon voeux, sera celui-ci : que vous tous, dans vos engagements et dans votre vie, ayez l'occasion d'entendre au moins une fois dans l'année une critique sincère et constructive qui vous permettra d'avancer sur le chemin que vous est propre.

Réponse au commentaire de europium du 30.12.2008 sur ce billet

Europium, je comprends parfaitement votre discours et je le partage en grande partie. Cependant, il y a quelques points (en réalité c'est le même, acte à votre cohérence) qui rendent différentes nos analyses respectives.

Vous dites : "Il est difficile de faire comprendre au plus grand nombre que le modem se veut indépendant alors que suivant les modes de scrutin il est obligé de s’allier soit avec le PS soit avec l’UMP, sinon il se retrouverait avec trop peu d’élus." Pardonnez-moi mais je crois que vous oubliez l'essentiel : les électeurs. L'histoire politique nous montre que la distribution des suffrages est changeante. Ce n'est pas le PCF qui me contredira. Et l'histoire des élections présidentielles nous montre que la bipolarisation de la représentation parlementaire n'a pas induit la bipolarisation des opinions politiques. Bien au contraire, quand les plus fortes minorités se font sur des messages durs, l'électorat cherche une valve de sécurité au centre (Lecanuet, Bayrou). Quand ces minorités se veulent plus consensuelles, cela ouvre aux extrêmes (Le Pen mais aussi Besancenot pour certains aspects). Notre mission, je crois, est de gagner suffisamment d'électeurs pour contraindre la construction des majorités sur nos idées et valeurs. Sinon, pourquoi être "parti"? On aurait très bien pu se diluer dans un des courants moins minoritaires de France sans aucune prétention d'indépendance. Indépendance de jugement, de convictions, d'action, de proposition. On voit avec nos anciens compagnons de route passés au NC, et même avec ceux qui se sont embrigadés à l'UMP en 2002, où cela mène.

Cela nous ramène à l'extrême centre. Vous dites : "Le modem, ce n’est pas l’extrême centre à l’image de l’extrême gauche ou l’extrême droite car il a vocation à gouverner et doit par conséquent faire attention à ne pas trop s’isoler en s’enfermant dans un discours trop idéaliste." En ce qui me concerne, je me suis souvent défini comme un extrémiste du centre. C'est une formule qui interroge et qui dérange, ce qui permet de discuter avec les électeurs et d'ouvrir des portes de contact. Tout le monde croit en quelque chose (politiquement) : si on ne fait pas naître la curiosité et le doute, on ne peut pas faire bouger les lignes. Mais qu'est que c'est un "extrême centriste" ? Je crois que c'est point fondamental de divergence entre nous : parfois les mots n'ont pas le même sens pour celui qui parle et pour celui qu'écoute. Je vais donc m'expliquer. Le centre a été longtemps conçu et perçu comme un lieux politique de médiation entre droite et gauche, un lieux politique où la chèvre et le choux devenaient un bon plat mijoté. Dans cette conception du centre, en effet, il n'y a pas de place pour l'indépendance : en jouant un rôle d'arbitre et de tempérance sur la base du moins mauvais compromis, son existence nécessite deux conditions. L'existence de deux blocs, de droite et de gauche, et le fait que les deux ne puissent pas, seuls, assurer leur majorité. L'échec, peut-être temporaire, du NC tient au non respect de cette deuxième condition. Au lieu du centre médiateur (forcément "mou") l'"extrême centre", dans mon esprit, se veut un lieux de création de pensée politique, d'affirmation d'être par soi même avant même que par différence. C'est d'ailleurs un passage que beaucoup, même parmi nous, n'ont pas pleinement saisi : on ne dit plus "ni-ni", on dit démocrates. Ce centre assume et revendique son indépendance de pensée et de valeurs. Tout comme la « droite » et la « gauche », par ailleurs. Est-que cela nous enferme ? Je ne le crois pas. L'ouverture, la tolérance, le respect de la dignité de chacun font partie de notre ADN politique. Je crois qu'aucun démocrate n'est opposé à un rassemblement large des volontés mais, encore aujourd'hui, les conditions d'un tel rassemblement ne sont pas au rendez-vous. Et pas à cause des démocrates, si je ne m'abuse.

Entre une famille politique qui fait de l'anéantissement du centre sa première raison d'être (un centriste, cela se roule dans la farine et on le fait frire – dixit Jacques Chirac, fondateur de l'UMP – j'apprécie très peu la perspective) car il s'agit d'un enjeux de pouvoir de taille, et une autre qui lui nie même la dignité de l'existence (le centre c'est la droite – dixit en grand chœur le PS – merci le respect) nous avons, je crois, une obligation d'indépendance. Même si la route est difficile.

Très bon 2009 démocrate à tous.

14:24 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : modem, politique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27.12.2008

Le MoDem a pour alliés naturels les électeurs

Bon d'accord, c'est une interprétation personnelle ...

Article ici

12:37 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26.12.2008

L'ADLE rend hommage à B. Geremek

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Le 20ème siècle a été une des périodes les plus instables du continent européen. La division de l'Europe après la seconde guerre mondiale a mené au développement de récits historiques divergents, à de différents repères et symboles, différents héros et ennemis, différentes images de soi. La Communauté Européenne a émergé des ruines de la seconde guerre mondiale mais aussi une douloureuse division du continent et de ses peuples.

La réunification de l'Europe devrait signifier la création d'une nouvelle histoire, commune cette fois. L'Europe en a désespérément besoin, maintenant plus que jamais, une base pour une identité commune d'un 21ème siècle européen.

Au début de l'année électorale 2009, ADLE participera à cet exercice avec un séminaire traitant d'une histoire commune pour l'Europe.

source : site ADLE

23.12.2008

Un bouquin pour les fêtes

Le Théétète (Platon).

La maïeutique c'est un grand art, éminément politique.

Satiété - 2

Billet court pour progresser sur la satiété.

Selon la microéconomie néoclassique, si le prix d'un bien baisse, sa consommation augmente et vice versa. Cela est une conséquence directe de la forme de la courbe de démande pour un bien "normal" laquelle repose à son tour sur le postulat de non-satiété. Autrement dit, sur l'idée que "plus, c'est mieux". Cela pour tout niveau de prix et revenus.

Par conséquent, si le prix d'un bien était nul, on en devrait consommer en quantité illimitée (ce qui est quand même contestable : l'air on ne la paie pas mais on va pas en respirer plus que le nécessaire sous pretexte qu'elle est gratuite mais passons).

Je vous incite à une expérience de simulation : si tous les prix étaient égales à zéro (ou si vous possédiez des richesses infinies, ca revient au même) est que votre consommation serait-elle infinie ?

Joyeux Noël

;-)

13:58 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22.12.2008

Skeptikio de Noël

Je ne sais pas si je serai très présent sur la blogosphère d'ici le 25 (et en plus ma connexion est très instable ces jours ci) donc j'anticipe le Skeptikio de Noël.

  1. Aurélien : superbes billets en début du mois, une très belle écriture
  2. Démocrate Sans Frontières : voyager lui fait le plus grand bien :-)
  3. KaG : l'Aveyron à la rescousse
  4. Michel Hinard
  5. Pierre
  6. MIP
  7. Alcibiades
  8. Quindi (article à lire absolument sur la géopolitique de l'Union)
  9. LCDM
  10. Spaulding

Enfin, mention spéciale pour deux blogs qui me tiennent très à coeur :

  1. Alain Somme
  2. MoDem Landivisiau

En ce concerne Skeptikos, les statistiques montrent un certain plafonnement des visiteurs uniques (très faible augmentation), sur wikio je m'abstiens de faire des prévisions.

15:13 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

J.F. Clark

“La différence entre l’homme politique et l’homme d’État est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération" James Freeman Clarke (1810-1888). Au MoDem nous avons décidé d'agir comme des Hommes d'Etat. (merci Smaël)

14:21 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21.12.2008

Le PRG avec le MoDem aux européennes ?

C'est tout juste une dépêche AFP tirée du Figaro. Extrait :

Le président du Parti des radicaux de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, a indiqué aujourd'hui qu'il envisageait de constituer des listes avec le MoDem de François Bayrou, dont il se sent plus proche que du PS, "divisé" sur l'Europe.

La dépêche complete est ici

23:38 Publié dans Projet Européen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prg, modem, baylet, bayrou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20.12.2008

Et si un billet sérieux pouvait marcher ou Keynes et l'économie de satiété

Les "vacances" qui viennent théoriquement de commencer, seront pour moi des vacances de grand travail : le dossier "Européennes" a été lourdement chrono-phage, donc j'ai un retard monstre à combler. Pour éviter de laisser le blog moribond, je me permettrai de partager avec vous quelques considérations économiques. Si je deviens incompréhensible (si si c'est possible), et bien, dites-le :-).

Ce premier billet porte sur JM Keynes, relu dans le cadre d'une économie de satiété.

Tout d'abord, késako une "économie de satiété" ? C'est une construction théorique qui postule que, au-delà d'un certain seuil de revenu/consommation, le revenu additionnel ne sera pas dépensé. Techniquement, on dira en termes macroéconomiques que la propension marginale à consommer devient nulle. Cela va évidemment à l'encontre de la "Loi psychologique fondamentale" de Keynes qui affirme que la propension marginale a consommer est diminue quand le revenu augmente mais reste toujours positive. Autrement dit, même quand les très riches deviennent encore plus riches, leur consommation augmente un peu. Cette "loi fondamentale" étant un postulat, il est légitime d'en prendre un autre et de vérifier les coséquences de ce changement.

D'un certain point de vue, c'est le même procédé qui a conduit aux géometries non éuclidéennes ou à la théorie de la rélativité générale. Bref.

Toute la construction keynésienne se fonde sur cette "loi fondamentale" et son dérivé direct, le "multiplicateur". Celui ci prend la forme m=1/(1-c) où "c" c'est la propension marginale à consommer. Si "c" est toujours positif, le multiplicateur sera toujours supérieur à un. Ce qui implique qu'un euro injecté dans l'économie vaut, par un processus de multiplication, "m" euros. Si c>0 alors m>1 et, pour exemple, un euro d'investissement public créera une croissance de m>1 euros et donc un bénéfice net pour le système. C'est le concept même de "relance".

Mais si c=0, alors m=1/(1-0)=1. Dans une situation de ce type des mesures, je dis au hasard hein, d'allégement fiscaux sur les haut revenus, n'aurait aucun impact sur la consommation et donc aucun impact sur la relance de l'économie réelle, même dans le cas d'une économie fermée. En revanche, cela créerait un excès de disponibilités liquides virtuellement sans valeur pour leurs détenteurs. Or, jouer à la roulette avec des fiches sans valeur ne présente, évidemment, aucun risque. Ou, pour être plus exact, enlève tout intérêt évaluer le risque.

Je vous fais l'économie d'illustrer la modification des mécanismes de "préférence pour la liquidité" (en gros, comment et pourquoi les détenteurs de richesse non consommée arbitrent entre garder l'argent sur le compte courant et l'investir) dans une situation de satiété. Mais je vous signale que selon ce modèle, cette richesse sera "jouée" sur les marchés financiers sans trop regarder au pourquoi du comment, pourvu qu'une grosse rentabilité puisse être à la clé. C'est comme une partie de chasse aux XIX siècle : cela vous donne un statut et en plus, à la différence des renards des bois anglais, tuer l'argent fait multiplier l'argent, ce qui perpétue le jeu.

Je me repète, on est dans la théorie pure, déconnectée de toute réalite.

Ou pas, Monsieur le Président ?

 

23:19 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : keynes, satiété, crise, économie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19.12.2008

Offre de Noël : 3 x 2 à l'orange

Merci à Aurélien qui, du bord de sa fenêtre, m'envoie un joli aéroplane papier à la figure :-) Donc, chaine strictement orange ... un (billet), deux (contre), trois (pour) ... c'est parti.

D'abord les trois raisons de "fierté".

  1. L'envie, sincère, de travailler de nombreux militants, cadres et haut dirigeants de notre Mouvement pour inventer un espace politique nouveau, plus en accord avec les aspirations légitimes des citoyens. C'est un effort considérable, qui se ne se fait pas sans a-coups mais qui, je le crois, portera ses fruits. Je mets sous ce point également les lieux où cette énergie collective se manifeste. En vrac : l'Université de Rentrée, les formations, les réunions des commissions et de groupes de travail. De même, j'inclus le travail remarquable d'alerte de l'opinion qui est mené par F.Bayrou lui-même.
  2. La campagne cantonale à Landivisiau. Au-delà du bon score (16%) c'est la solidité de l'équipe. Personnes venant de tout horizon, des jeunes, des vieux, des UDF, des "venus-de-nulle-part", des proches des mouvements écologistes, des anciens élus, des jamais élus,  même des étrangers (sic !) arrachant voix sur voix de haute lutte. Le regard, surpris et reconnaissant, de nos électeurs découvrant qu'on se maintenait.
  3. La facilité pour recruter des nouveux adhérents, la curiosité que le MoDem suscite. Encore aujourd'hui une personne de grande qualité m'a dit "le MoDem m'intrigue et me déconcerte, il faudra qu'on en parle" : et un de plus ? Bien possible.

Les deux raisons de "questionnement".

  1. Le doute permanent, la focalisation excessive sur les alliances, les "c'est pas comme ça qui sa marche", les "on ne peut pas gagner". Je parle là plutôt de la base, même si pas exclusivement.
  2. Le délais de mise en route de la machine. Qui est lancée mais n'est pas encore complètement construite.

 

Bon, je taggue qui ?

Aller, detoursatours, Guillaume D., Marianne République, Florence

A vos encriers.

18:52 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : modem | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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