27.02.2009

Des lecteurs fidèles, du travail et des moyens de fortune

Après de longs jours d'absence j'arrive à remettre la main sur ce blog, alors il faut que j'en profite.

Tout d'abord un remerciement aux skepti-lecteurs pour leur fidélité : malgré l'absence de nouvelles les visites n'ont pas chuté de façon réellement sensible et presque toutes les visites viennent de requêtes directes. Vous êtes masochistes peut-être, mais je vous aime bien :-)

Ensuite un coup de gueule destiné à mon hébergeur. Bien sur, je n'ai qu'un espace gratuit, ce qui implique d'accepter un bandeau de pub en haut de la page. Cependant, je trouve de très mauvais goût de faire passer sur un blog politique la pub d'un parti qui n'est pas le mien. C'est parfaitement conforme aux conditions contractuelles mais c'est une faute de style que je considère comme grave. J'en tirerai les conséquences le plus rapidement possible (je vous ai entendu rire ... c'est pas sympa ça).

Donc au passage je précise que :

Skeptikos n'adhére et ne soutient en aucune manière "LIBERTAS", lobby et supposé parti politique conduit par Declan Ganley, Irlande, euromenteur avant d'être eurosceptique. Skeptikos ne peut pas s'opposer, en l'état des choses, à la parution du bandeau publicitaire de "LIBERTAS" sur ses pages, le seul décideur en matière étant la plateforme d'hébergement. Je suis très interloqué par ce choix publicitaire et j'espère que les nombreux blogueurs politiques de tous bord présents sur haut-et-fort ne manqueront pas de faire entendre leur voix.

Enfin, ne pas écrire sur ce blog n'implique évidemment pas de ne pas être actif ou désengagé. En Finistère, nous avons lancé des groupes de travail qui ont commencé à travailler les dossiers. Pour ma part je suis impliqué sur les sujets économiques et ceux concernant l'Europe et les territoires. J'apprécie la qualité des débat et l'implication de militants qui, parfois, ont eu des frictions. Cela me conforte dans l'idée que c'est par le travail en commun qu'on se connaît, et qu'on se comprend, mieux.

Enfin, je vous propose de lire ce document de l'ADLE, très intéressant en vue de la campagne à venir.

Au prochain billet (pas forcément demain, hélas).

10:18 Publié dans Blog, Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

23.02.2009

Brèves de comptoire

Quelle différence entre faire de la politique et être gardien de hand ? Aucune, on s'en prend plein la figure. Et on aime ça.

Je fais les deux, à croire que je suis maso.

16:25 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19.02.2009

Désolé pour la vulgarité ...

... mais au Gouvernement, ils n'ont que ça à foutre ?

Article du Figaro

 

[EDIT]

Encore plus "amusant" (pour les amateurs du rire jaune) après cet

Article du Monde

19:31 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18.02.2009

Seize mois de "Parti Démocrate" en Italie : considérations à chaud

Comme relaté par les organes de presse (ici "Le Monde"), le chef de l'opposition en Italie vient de démissionner suite à l'enième défaite électorale depuis la naissance du "Partito Democratico". Au delà du tropisme des journalistes (Veltroni est appelé "chef de la gauche", ce qui est pour le moins inexact), l'expérience du PD en Italie doit devrait susciter la réflexion parmi ceux qui, en France, pensent que les perspectives offertes à la fois par le sarkozysme et par les gauches ne sont pas adaptées aux monde épais d'aujourd'hui.

En effet, plusieurs éléments rapprochent la situation politique française et italienne. Tout d'abord, la présence aux manettes d'une droite de moins en moins libérale. Berlusconi, et Sarkozy s'en inspire largement, a réussi un coup de maître tout au long de ces très longs années sur le devant de la scène politique : refuser tout débat politique en passant pour un homme ouvert. Les autres ? Les autres c'est la gauche, les communistes, les staliniens. Parler avec eux ? Et pourquoi ? Ils mentent, ils ont toujours menti, ils ne savent que mentir. Moi (Berlusconi) j'aimerais bien avoir une opposition avec laquelle dialoguer mais eux, ils ne veulent pas discuter, ils ne veulent pas le bien du pays. Voyez-vous, c'est pas ma faute. Et ce discours débile, ça marche. Remarquez, cela fonctionne pas trop mal en France non plus : si on ne se plie pas aux culte du souverain on devient forcément un imprécateur. On quitte le giron gouvernemental ? On n'est qu'un "pauv'con" de droite qui s'est égaré. Étonnante corréspondance.

Avant la création du PD, la gauche italienne rassemblait également à celle française. A la nuance près que R.Prodi avait réussi pour deux fois à convaincre l'extrême gauche (un peu la FO+LCR d'antan) à s'engager dans un projet de gouvernement, conduit par les "Démocrates de Gauche" (un peu le PS français, DS en italien). Le peu de centre porté par la Marguerite et Prodi lui même devant assurer la cohésion de l'ensemble, une fonction de médiation et de lien. De ce point de vue, l'Olivier (Ulivo) était une sorte de "gauche plurielle élargie". Le projet, pour deux fois, capota. Les deux fois, la crise vint de gauche. Un vote de censure voté par les communistes avec la droite la première fois, un épuisement dans le paroxysme d'un gouvernement contesté dans la rue par des Ministres du même gouvernement la deuxième. Et cela même si, factuellement, la majorité tomba "grâce" à l'odeur d'une bonne soupe qui, ironie du sort, n'a jamais été servie au convive intéressé.

Face à cette impossibilité constatée dans les faits de faire de l'Olivier une alliance durable de gouvernement, la Marguerite et une large partie des DS fondèrent le "Parti Démocrate", avec l'idée de s'imposer vers le centre et de consolider une base électorale majoritaire indépendante des diktats de la gauche radicale. Ce projet, vécu par les électeurs comme la continuité des Démocrates de Gauche, à leur tour héritiers du Parti Communiste Italien (PCI) a été systématiquement rejeté dans les urnes au cours de ces seize mois. Il est vrai qu'en Italie, comme un France, une partie du centre (UDC) penche plutôt avec la droite, ce qui a empêché un recentrage plus important du PD. D'ailleurs, au prix de hautes luttes et même de prises de risques électorales, l'UDC a su se rendre bien plus importante que les satellites centristes de l'UMP : elle pèse entre 6% et 8%, ce qui la rend souvent décisive. Et pourtant, elle sait bien qu'elle reste la mal aimée de l'alliance de droite, l'allié qu'il faut tuer. Donc, contrairement au NC ac similia, elle se garde une vraie marge de manoeuvre.

En France, la consolidation du courant de pensée démocrate, fondé plus sur le concept de liberté que sur celui de propriété (oui, je sais, certains penseurs rénommés font découler la liberté de la propriété, notamment de la propriété de soi, je ne partage pas ce point de vue) tente de se faire à partir des organisations politiques modérées. L'UDF, une grosse frange de droite en moins (la création de l'UMP ayant clarifié les choses), CAP21 (qui a toujours refusé les dérives d'un certain écologisme altermondialiste), les dizaines de milliers d'adhérents qui, dans la bipolarisation manichéenne favorisée par les règles institutionnelles n'avaient jamais trouvé de maison. Je sais, je sais, on me dit que beaucoup de ces adhérents sont insatisfaits, qu'un certain nombre, pas tous des inconnus, ont décidé d'abandonner la maison orange. Je dois dire que cela ne me surprend guère : la politique est un exercice de patience et la patience s'aquière avec le recul. Or, pour beaucoup de ces adhérents, le MoDem a été un éclair dans la nuit sombre du clivage gauche-droite. Le rêve de la "politique autrement". Ce rêve, je le crois, est nécessaire, indispensable même, mais il se construit dans le temps. Beaucoup de temps. Beaucoup se félicitent de l'élection d'Obama en 2008 mais ils négligent le fait que le discours de révérend King date de 1963. Cela fait, quand même, 45 ans (et un Vietnam, un 11 septembre et pas mal d'années "Bush", père et surtout fils). J'y reviendrai (probablement) dans un autre billet.

Pour revenir aux démocrates, l'expérience italienne nous montre la difficulté de recomposer ce courant politique à partir de la gauche. La droite d'aujourd'hui est incompatible avec l'approche démocrate : j'en appelle pour témoin l'énorme importance donnée au lien de l'anti-gauche, déjà évoqué pour Berlusconi. Par conséquent, le bien fondé de la stratégie du MoDem apparaît évident : on ne peut recomposer cette famille politique de manière crédible qu'à partir de positions modérées. C'est un vrai défi, qui s'inscrit dans la durée, qui est extrêment difficile. Mais qu'il est nécessaire de relever avec succès.

16.02.2009

Discours de Sylvie Goulard à la Mutualité

Pour faire connaissance avec la tête de liste du MoDem dans l'Ouest, je vous propose son discours du 8 février à la Mutualite. La source ? Son site. Le gras est le mien.

Merci à tous d'avoir avalisé la composition de l’équipe du Modem pour les élections européennes, à laquelle j’ai la chance d’appartenir. Comme nous y avons été invités, je vais vous dire pourquoi je suis là.
La première raison est toute simple : j’en avais assez de toutes ces personnes qui ont fait « n'importe quoi » de l’Europe, alors même que l’Europe est la plus belle réalisation des 60 dernières années. J'en avais assez qu’on envoie au Parlement ceux dont on veut se débarrasser en politique intérieure, ou qu’on ne reconnaisse pas le travail effectué par d'autres à Strasbourg. J’en avais assez d’entendre sans cesse évoquer l'influence de la France en Europe et de voir qu’on la perd de vue lorsque vient l’heure des choix décisifs.
Si une famille est vraiment ancrée dans la tradition européenne, communautaire, c'est celle-ci, comme votre enthousiasme de ce matin le montre tout à fait. Et l’une des difficultés de cette campagne sera de faire comprendre que toutes les "formes" d'Europe ne se valent pas. En ce moment, on essaie vraiment de nous vendre pour des grands succès européens, des actions qui marquent une régression de l’Europe communautaire. Le respect des règles collectives de décision, le respect de nos partenaires est capital - et je salue, à ce sujet, le MoDem d'Allemagne, représenté parmi nous aujourd’hui car c’est un pays qui m'est particulièrement cher. Selon moi, il est difficile de clamer que la Présidence française a été un succès alors même que la relation franco-allemande souffre d’un manque de vision et de respect mutuel.
Par ailleurs, et je l'assume complètement, comme François Bayrou l'a indiqué tout à l'heure, il faut être ce que l'on est alors, oui, je suis un peu « technocrate » sur les bords. Le défi que nous allons relever ensemble, qui est fondamental, c’est d’arriver à travailler tous ensemble, quelles que soient nos origines. Ainsi, dans tout mon engagement, notamment associatif, j'ai toujours mis un point d’ honneur à parler d'Europe à ceux qui, selon moi, en sont indûment privés : j'aime aller parler d'Europe dans les ZEP, dans les prisons, dans les « quartiers » et c'est là, je ne vous le cache pas, que j'ai pu avoir certains des plus beaux échanges sur l'Europe. Mais notre campagne ne doit pas non plus exclure ceux qu’on appelle « les élites », ce qui reviendrait à séparer les différentes couches de la population. Je rends hommage à l'expertise, aux efforts faits par certains pour se former, aux qualités de rigueur intellectuelle, trop dévalorisées aujourd’hui. N’oublions pas que la raison fait partie du patrimoine de l'Europe. Nous avons vu en 2005 les dégâts faits par des personnes et des courants qui, sur le Net, sans scrupules, ont répandu des contre-vérités.
Permettez moi de remercier Bruno Joncour pour ses paroles qui rejoignent les messages que j'ai reçus de la région Ouest. Je ne sais pas si l'on doit dire grand Ouest, car c'est très français de dire toujours "grand"… Pour moi, c'est Ouest.
Je suis infiniment touchée par toutes ces réactions spontanées de soutien. Et je suis certaine que nous allons faire une très belle campagne. Mais j’ai un message à vous passer : en allant au devant des électeurs, SOYEZ HEUREUX ; on ne vendra pas bien l’idée européenne si on la présente sempiternellement comme une cuillère d'huile de fois de morue… qui nous fera du bien, bien sûr, mais qui est amère à avaler !
Et puis, soyons modestes. Il y a de nombreuses questions pour lesquelles je n'ai pas de réponse, à supposer qu'il y en ait une seule. C’est pourquoi, j'ai envie d'aller écouter ce que les citoyens de la région Ouest ressentent ; ainsi, nous définirons les éléments de réponses ensemble, après dialogue et débat.
Vous découvrirez aussi mon indépendance d’esprit, tout comme François Bayrou qui a tenu à ce que je vous rejoigne et donc comprendra aussi peu à peu ce qu’elle signifie. Il m’a voulu, il m’aura…
Sur la plupart des sujets européens, il n'y a pas une vérité unique. Tout est question de dosage. J'ai d’ailleurs été très sensible, à l’instant, à sa réponse très nuancée sur le protectionnisme : défense de notre protection sociale et de nos exigences environnementales, mais pas de fermeture qui serait nocive à notre économie. Je crois que l'une des difficultés en matière européenne - et l'un des combats que nous avons à mener ensemble- , c'est vraiment de pourfendre toutes les personnes qui arrivent avec des idées "simplettes". Très souvent, il y a un équilibre à trouver et, selon moi, le Centre, c'est justement l'équilibre.
Dans une société où l'on aime bien les simplifications et les contrastes, je vous invite à vendre l'Europe comme quelque chose de pondéré, où le compromis a des vertus, afin que nous retrouvions la valeur de la mesure face à l'extravagance ou à l'agitation.
Un mot plus personnel : Robert Rochefort a parlé de sa famille de manière très émouvante. Mon expérience est assez différente ; ma famille n'est pas française au départ, elle est méditerranéenne : mon père est enterré dans le sud, mes grands-parents encore plus au sud. Mais j'ai trois filles qui sont à moitié bretonnes. Dans mon parcours, il y a le passé, méditerranéen, mes racines auxquelles je tiens beaucoup, mais il y a mon avenir et celui de mes enfants qui est fait d’autres souvenirs et d’autres enjeux.
Ceux qui sont allés sur mon site ont vu que j’ai choisi le slogan « l'Europe est notre avenir ». L'Europe est mon avenir mais, comme dans ma vie de famille, celui-ci est lié désormais à la Bretagne, à l’Ouest dans son ensemble, le Poitou, les Charentes, les pays de la Loire.

 

15.02.2009

Promesses, programmes et Politique

Dimanche dernier, le Mouvement Démocrate a présenté ses têtes de liste pour les élections européennes : en tant qu'électeur de l'Ouest je suis très heureux du choix de Sylvie Goulard. Femme, jeune et, surtout, européenne et compétente, elle représente une agréable nouveauté dans le microcosme politique. Bien évidemment, les principaux adversaires du MoDem, le PS et l'UMP, ont commencé leur habituelle campagne de démonisation de l'autre.

Le MoDem ? A croire l'UMP, le MoDem n'est que Bayrou. Drôle quand on se professe "sarkozyste" avant tout. Et Bayrou serait un "imprécateur", un "populiste", un obsédé de la présidentielle (qui n'y pensait pas qu'en se rasant, j'ai un blanc ...). Pour le PS, là aussi, on focalise sur Bayrou : un type "de droite", "sans idées", "sans programme". C'est de bonne guerre. Parfois, ces arguments font brèche parmi les militants et sympathisants orange : notamment, ici et là on lit de manière réguilère cette référence à "Bayrou sans programme".

Je ne veut pas débattre du fait si le MoDem a un programme ou pas (c'est évident que le Mouvement a présenté un programme en 2007, tout comme il est dans les faits que ce programme est réactualisé en permanence, y inclus avec la contribution des militants) mais, peut-être de manière plus iconoclaste, des programmes politiques en eux-mêmes. Tout d'abord, un bon programme n'a jamais fait gagner une élection. Sarkozy, avait-il un programme en 2007 ? Mise à part la bougeotte permanente et quelques retours d'ascenseur, je ne vois pas. Mais encore, qu'est que c'est un "programme" ? Comme son nom l'indique, un programme est une collection de ce qu'on envisage de faire au cours d'un mandat. En gros, le "programme" n'est autre chose qu'un catalogue de promesses établies à un moment donné et destinées invariablement à être démenties par la réalité. Nos hommes et femmes politiques, pas plus que nous, ils ne sont pas des devins. Et la réalité a toujours plus d'imagination que l'inspiration humaine. Une chose que j'avais aimé dans le "Bayrou 2007" c'était d'avoir un programme réduit, des pistes d'actions immédiates qui allaient dégager des marges de manoeuvre pour répondre à l'imprévu. Mais sans doute de faire le paquet fiscal ou l'augmentation du SMIC à 1500 € ont été considérés des idées plus pertinentes.

En réalité, le programme, en soi-même est un document inutile. Ce qu'il y a de bien dans un programme, c'est le chemin qu'on fait pour sa conception : les discussions, les débats, les engueulades. Rédiger un programme c'est quelque chose qui permet de mûrir la réflexion politique, d'affiner, collectivement, la compréhension de l'environnement qui nous entoure et de ses mécanismes. Élaborer un programme, c'est une école. Cependant, comme toute école, il s'agit d'un exercice involontairement tourné vers le passé : on ne peut pas étudier le futur. Et, depuis Karl Popper, on sait que les leçons du passé ne sont pas forcément valides pour le temps à venir.

Or, la Politique est un travail d'anticipation, donc sujet à l'erreur. Par conséquent, ce qui est réellement important, c'est d'avoir une grille de lecture qui permet d'analyser rapidement les transformations du contexte, de préconiser des actions vis-à-vis des objectifs, d'apprendre en permanence de ses propres erreurs. Un programme, ne contient aucun de ces trois éléments.

Alors, quand on me dit que le MoDem "n'a pas de programme" j'aurais envie de répondre : "Heureusement, car être esclave de ses promesses est extrêment dangereux!".

11.02.2009

EE - Version Française

Je viens d'essayer de traduire le billet en italien publié hier : je savais les traductions en ligne moyennes mais là c'est, même pour moi, carrément incompréhensible. Ce qui explique une certain ... *toussotte* ... afflux de mails. Donc, même si je n'aime pas le mot "traduction", voici quelque chose de vaguement franco-compatible.

-----

La vie est bizarre, parfois. Eluana Englaro est née, comme moi, en 1970. En Janvier 1992, comme moi, elle était étudiante à Milan, elle à la "Cattolica", moi à la "Bocconi". Peut-être je l'ai même rencontrée ... dans un bar, au bowling, à une soirée étudiants dans un local. Je n'en ai aucune idée. Le 17 Janvier 1992, la voiture d'Eluana glisse sur le verglas : le futur de cette fille du même âge que moi s'arrête ce jour-là, dans l'attente d'un miracle qui ne s'est jamais produit.

Rétrospective.

Je connais bien ces routes du nord de l'Italie, les longues lignes droites coupées par les virages serrés, le brouillard porté par les lacs, les rivières, les fossés, les canaux. Le froid intense, presque brûlant, de la nuit sans nuages, l'image des étoiles dans le miroir des rues gelées. Combien de fois j'ai failli m'endormir au volant dans ces nuits, combien de fois je failli perdre le contrôle de mon véhicule, combien de voitures j'ai vu quitter la chaussée ? J'ai eu de la chance. À l'instar de cette fois où j'ai béni le radar : le flash me réveilla, j'étais en train d'entrer en ville 80 km/h, dans une vieille voiture sans ceinture de sécurité ni airbags. Chance.

Eluana en a eue moins. Beaucoup moins. Et, acharnement du sort, elle a rencontré sur son chemin des irresponsables, des minables indignes d'être appelés hommes, qui insultent le noble nom de "politique" pour jouer l'ennième petite bataille micro-électorale. Vive l'Italie, bien que le près du voisin n'est pas forcément plus vert.

Je ne sais pas ce que j'aurais fait si j'avais été le médecin ou le père d'Eluana. Je sais seulement que j'aurais parfaitement pu être à sa place et que, en dépit du fait que mes croyances religieuses ne comportent pas de «au-delà», jamais, je le répète, jamais je ne pourrais accepter que des machines vivent à ma place. La mort fait partie de la vie et le fait que, collectivement, nous ne savons plus l'accepter, qu'on le vit comme un échec, tout cela me fait horreur.

Qu'on se comprenne, je sais qui est la mort. Je l'ai connue tôt. La mort d'un ami à peine adolescent renversé par un train pendant qu'il allait à la plage. La mort d'un vieux qui te fait sortir de sa chambre, parce qu'il sait que c'est fini. Celle d'une vieille qui arrête de respirer pendant son sommeil, alors que tu la veilles, seul, à quelques semaines de tes 18 ans. La mort d'un ami champion, glissé d'un muret et tombé par des mètres avant de s'écraser au sol. La mort, soudaine et incompréhensible pour toujours de mon père, pas encore soixangénaire. Avec la mort, nous sommes ennemis, mais je la respecte. Et je sais qu'au bout du compte, elle sortira gagnante car, aussi dur que cela soit, c'est très bien ainsi.

Alors, si c'est moi, si je suis plongé dans un coma irréversible, si je ne peut plus continuer à respirer et à penser sans être attaché à une machine, débranchez-moi. Parce que je suis un homme. Et j'ai ma dignité.

18:25 Publié dans Politique et environs | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Révolutionnaire ou R'évolutionniste ?

Oaz me taggue sur la chaîne dédiée à la "R'évolution", initié par Hérvé et ayant pour objectif de répondre à quatre questions

Révolution, tout le monde connaît, mais R'évolution, que pourrait vouloir dire ce mot en 2009 :

- dans nos institutions ?

- dans notre porte-monnaie ?

- dans l'Europe ?

- dans la planète qui crève ?

Il me pardonneront de fournir une reponse générale.

Tout d'abord une précision : comme beaucoup savent, mais pas certains révolutionnaires apparemment, une "révolution" indique un mouvement de 360° autour d'un (ou plusieurs) centre(s) de rotation. Ainsi, en politique, la "Révolution" n'est qu'une manière de revenir à la situation de départ, déclinée différemment. Ainsi, l'histoire "révolutionnaire" allie une grande variabilité des formes et un grand immobilisme des substances. D'ailleurs, Marx en était conscient : la dictature liée à l'exploitation capitaliste devait laisser la place à la dictature du prolétariat. De dictature à dictature. D'ailleurs, le seul vrai révolutionnaire de France est Nicolas "Che" Sarkozy : "j'ai change!" qu'il criait, tu parles ....

La forme "R'évolution", il me semble porter un sens différent. Evolution vient du latin "evolutio", l'action de parcourir, d'où l'idée de parcours. Or, R'évoluer, voudrait-il dire refaire le parcours (encore et encore) ? Remarquez, la théorie circulaire de l'Histoire ne dit pas autre chose. A cette chose près : comment on recommence le parcours ? Implicitement, et surement de façon involontaire, le mot de "r'évolution" rappelle le grand incendie de Rome : on rase et on repart, avec la certitude que les "nouvelles générations" (celles qui devaient reconstruire la Ville)  n'aurait pu faire que mieux que les "vieux" : ils avaient vu le résultat des erreurs de leurs ainés. Néron, le paradigme du R'évolutionniste.

Sachant qui a eu l'idée de cette expression, je suis enclin à croire que le concept n'a pas trouvé son mot. Ce qui implique que, au mieux, ce mot est resté sans sens et qu'il ne peut rien dire.

Qui veux reprendre la question est libre de s'estimer autotagué. D'ailleurs, il se plains toujours ... alors j'anticipe l'autotag du GroDem ...

00:05 Publié dans Engagement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10.02.2009

Eluana Englaro

Mes lecteurs voudront m'excuser si pour une fois je vais écrire un billet difficile à lire : je suis sur que vous aller me comprendre.

Les (très nombreuses) personnes qui étaient avec moi à la Conférence Nationale (parmi d'autres, salut Olivier :-) ont probablement entendu une militante âgée parler d'Eluana Englaro, italienne, 17 ans dans le coma, et au centre d'une bataille politique parmi les plus mesquines que je n'ai jamais vues. Hier soir, Eluana est morte. Laissez-moi dire quatre conneries en italien. Vous pourrez toujours faire traduire par Google ...

La vita é a volte bizzarra. Eluana Englaro è nata, come me, nel 1970. Nel gennaio 1992, come me, frequentava l'università à Milano, lei in Cattolica, io in Bocconi. Magari l'avro' anche incrociata ... in un bar, in bowling, in una serata studenti in un locale. Non ne ho idea. Il 17 gennaio 1992, la macchina d'Eluana slitta sul ghiaccio : il futuro di questa coetanea si ferma quel giorno, in attesa di un miracolo mai arrivato.

Flashback.

Conosco bene quelle strade del nord, i lunghi rettilinei interrotti da curve strette, la nebbia portata dai laghi, dai fiumi, dalle rogge e dai canali. Il freddo tagliente della notte serena e il riflesso delle stelle sulle strade ghiacciate.Quante volte ho rischiato di addormentarmi al volante in quelle notti, quante volte ho sbandato, quante macchine ho visto uscire di strada ? Ho avuto fortuna. Come quella volta in cui ho benedetto l'autovelox : il flash m'ha svegliato, stavo entrando in città a più di 80 all'ora, in una vecchia auto senza cinture e senza airbag. Fortuna.

Eluana ne ha avuta meno. Molta meno. E, accanimento della sorte, ha incontrato sul suo cammino degli irresponsabili, degli omuncoli che insultano il nome nobile di "politica" per giocare l'ennesima piccola battaglia microelettoralistica. Viva l'Italia, anche se l'erba del vicino non é più verde.

Io non so cosa avrei fatto se fossi stato il medico o il padre di Eluana. So soltanto che al suo posto potevo essere io e, malgrado il fatto che le mie credenze religiose non prevedano nessun "al di là", mai, ripeto, mai potrei accettare che delle macchine vivano al mio posto. La morte fa parte della vita ed il fatto che, collettivamente, non sappiamo più accettarlo, che lo viviamo come un fallimento, tutto questo mi fa orrore.

Capiamoci, io conosco la morte. L'ho conosciuta presto. La morte di amico appena adolescente travolto da un treno mentre va in spiaggia. La morte di un vecchio che ti manda via dalla sua stanza perché sa che é finita. Quella di una vecchia che smette di respirare nel sonno mentre la vegli, solo, a qualche settimana dai tuoi 18 anni. La morte di un amico campione scivolato da un muretto e precipitato per metri prima di schiantarsi al suolo. La morte, improvvisa e per sempre incomprensibile di mio padre ancora cinquantenne. Con la morte siamo nemici, ma la rispetto. E so che alla fine vincerà lei, perché per duro che sia, è giusto così.

Allora, se sono io, se sono in coma irreversibile, se non posso continuare a respirare e a pensare senza essere attaccato a una macchina, staccatemi. Perché sono un uomo. E ho una dignità.

Le vrai Krach

Eh oui, enfin le vrai krach vient de se produire.

Hier, comme tout les lundi hors vacances, j'étais en salle de cours pour essayer de partager mes quelques connaissances de comptabilité avec des élèves ni trop bon ni trop mauvais, souvent travailleurs, parfois un peu bousculés par ma méthode de travail. Selon mes informations, il ne lisent pas ce blog. Mais étant donné que quelque fou tape de temps à autre mon nom sur Google ... eh bien ... bref.

Hier, je disais, j'étais en face d'un petit groupe d'élèves dépourvus de plan comptable : j'ai donc eu l'idée de leur faire utiliser mon portable personnel, que j'utilise également pour le travail, sur le quel j'ai un plan comptable en pdf. Et là, la catastrophe se produisit.

En déplaçant une chaise, les pieds se prirent dans l'écran. Les mains occupées, je voulus retenir l'ordinateur mais sans aucun succès. Il tomba donc avec grand bruit par terre. Le silence régna pendant quelque second dans la salle, alors que tout mon cerveau hurlait : "Merde, je n'ai même pas noté quelque part le mot de passe du blog !".

Certain que l'irréparable venait de se produire, je ramassai ces quatre kilos d'informatique "portable", je le mis sur un petit bureau et j'observai. Le boîtier ouvert pour deux tiers, un support d'écran endommagé, la pile arrachée de sa niche. Il ne pouvait être bon que pour la poubelle. Donc, comme un médécin qui s'apprête à constater un décès, je renfermai au moins pire que possible le boîtier et j'essayai de le rallumer.

Il était encore vivant ! Blessé, meurtri, mais vivant. Un miracle.

Cependant, il a réellement besoin d'une longue convalescence. Et même si à l'instant il me rend service en me permettant de vous écrire, je sais que je ne peux pas lui demander ça plus longtemps. Il part à l'hôpital.

Par conséquent, vous et moi on risque de moins échanger dans les prochaines semaines. Ne sabrez pas : je reviendrai. Peut-être avec les 4 kilos de plastique et ferraille les plus têtus que je n'ai jamais connu.

Bien à vous

11:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Toutes les notes